tgb
"Le monde ne récompense pas l'honnêteté et l'indépendance, il récompense l'obéissance et la servilité" (Noam Chomsky)
Bon, je ne dis pas que Mélenchon ne gagnerait pas à prendre à ses
heures perdues (s’il en a et c’est un peu le problème) quelques cours de
sophro et à mieux maitriser les défauts impulsifs de ses qualités
trempées.
Dans les moments chauds bouillants de la baston politique et pour peu
qu’on soit un chouia sanguin, sortir de son émotionnel et prendre un
poil de distance ne saurait nuire.
On est toujours perfectible et de là où je suis avec ma modeste
influence, ce n’est pas faute d’avoir essayé de faire passer le message
de l’ironie.
N’empêche qu’à l’heure mondiale des coups d’états judiciaires (Brésil, Argentine, Equateur…) à l’heure de la conformation de l’information privée et étatique, de l’injonction violente au tiède de la part du bourreau exigeant toujours plus de tempérance à la victime et
réprimant brutalement la moindre chemise arrachée voire froissée, voire
déboutonnée, à l’heure de la fabrication d’une gauche présentable,
inoffensive, cac40-compatible et sans auréoles sous les bras, dénonçant
la tapisserie pour ne surtout jamais s’attaquer aux murs porteurs de
dividendes, une furieuse furie est toujours bonne à prendre.
Il est assez savoureux pour ne pas dire "croquignole" de constater combien ceux qui s’autorisent absolument toutes les saloperies, tous les cynismes,
tous les immondices, toutes les cupidités morbides, toujours prêts à
s’allier avec le premier fascisme venu, la première pègre opportune, le
dernier des lobbies pourris, toujours dociles à serrer des mains pissant
le sang avec trois tonnes de merde au cul, ont la touchante faculté de
se boucher le nez quand le petit peuple qui n’en peut mais, pue un peu
des pieds.
Car ceux qui se permettent tout, et toujours le pire, d’exiger de
nous que nous soyons toujours irréprochables, toujours exemplaires et
toujours fort mesurés et que nous n’arborions pas de tricots de peau
douteux tandis qu’ils caguent décomplexés dans la soie.
Et tandis que « les chaisières de l’humanisme » comme l’assène Lordon
avec cette féroce cruauté qui fait mouche et tout son charme et sa
puissance, tandis, oui, que les gentils supplétifs de chez Mickey parade
souffrant d’un manichéisme infantile assez sidérant (ou candide)
empilent les pétitions contre les méchants et les manifs à répétition
contre la peste brune, (ou rouge/brune par vacuité quand la complexité
d’un monde atomisé les dépasse) le rouleau compresseur de l’inhumanité
en marche nous roule dessus en réclamant des excuses.
Donc si au moins cette colère primaire ou reptilienne ou juste humaine de Meluche coalisait toutes nos rages enfin,
et si au moins cette manière d’enfoncer les portes (pas ouvertes) nous
mobilisait à toutes les défoncer sauvagement et, par exemple, nous
décidait à traverser la rue, les rues, toutes les rues, pas pour trouver
un travail de chez « esclaves corporate » mais pour aller le chercher
lui et lui faire ravaler tout son mépris de classe et de premier de
cordée de la classe, ça nous éviterait peut-être de tergiverser encore
entre Lexomil et Kalachnikov.
Non pas que le menu Manu ait particulièrement un pouvoir exorbitant,
mais parce qu’il faut bien commencer par quelqu’un pour pouvoir foutre
des suées aux autres dans la mesure où il n’y a jamais de maîtres sans
larbins et de pouvoir sans contremaîtres.
Alors non, on ne s’excusera pas de nos colères, de nos emportements,
de nos humeurs furibondes, on ne s’excusera pas de nos injustices,
humiliations, cicatrices, on les portera hautes et fières.
Et quitte à se faire ficher, matraquer, éborgner, embastiller pour
avoir renversé une chaise du petit salon de l’entre soi où l’on cause
éthiques et profits, la morale pour les riens, les profits pour ceux qui
ont tout, autant renverser la table et le pouvoir dessus.
Il n’est plus de compromis possibles ni d’indignation éplorée : Enragez vous !!!

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire