Olivier Cabanel
Se mettre « en marche » avec un caillou dans la
chaussure, n’est pas chose facile, mais quand il y en a plusieurs, ça
devient vite mission impossible.
Le parti présidentiel traverse en ce moment des temps difficiles,
avec des démissions à répétition, qui ont suivi l’épisode catastrophique
de l’affaire Benalla, auquel s’ajoutent les maladroites petites phrases
macronniennes, dont les dernières en dates : « pour trouver du travail, suffit de traverser la rue », ont plombé pour un bout de temps la parole présidentielle, d’autant qu’elles se sont multipliées.
C’est en effet, le 7ème ministre qui joue les filles de l’air, et peut-être pas le dernier.
En seulement 17 mois, le « rassembleur » ni de gauche/ni de gauche, a vu 7 ministres s’en aller, et pas des moindres, battant ainsi tous les records dans cette 5ème République.
En effet, après les précédents départs, ceux des membres du Modem
concernés par des « affaires juridiques », suivis par celui de la
ministre des sports, apparemment menacée par une question d’ordre
fiscal, celui de Hulot, suivi par celui de Collomb, n’ont pas fini de faire des vagues. lien
On a fini par comprendre que le départ du ministre de
l’environnement, a bien été provoqué par le choix, secret un certain
temps, du 1er ministre, de lancer de nouveaux EPR.
Quant à celui de Collomb, on sait maintenant que son
départ n’a pas grand-chose à voir avec l’argument avancé de sa campagne
lyonnaise, mais qu’il est bel et bien dû à un désamour profond d’avec
le chef de l’état, après l’affaire Benalla, et celles qui ont suivi, notamment lors de son voyage en Guadeloupe, lorsque Macron s’est mis en scène avec des citoyens peu recommandables.
En effet, même si le jeune Realf Fleming, sortant
tout juste de prison, torse nu, et doigt d’honneur en prime, s’est
affiché en compagnie du président de la République, lequel semblait
enchanté de la rencontre, prétendait que son geste « n’était pas contre le président mais dirigé contre ceux qui ne veulent pas nous laisser avancer dans la vie »...l’explication reste quand même peu convaincante. lien
Collomb n’aurait non plus pas bien digéré la limitation de la vitesse à 80 km imposée par son 1er ministre. lien
L’une des raisons peu connues de ce départ serait aussi due à une
réflexion de l’épouse présidentielle, lors d’un diner à l’Elysée,
laquelle reprochant à Collomb de n’avoir pas été un bon soutien à son président de mari, lors de l’affaire Benalla. lien
Mais le déclencheur de ce divorce est devenu évident lors du discours
apocalyptique tenu par l’ex-ministre, lequel fait état d’un pays au
bord de l’explosion, avec un état qui perd le contrôle du régalien,
comme s’il n’y avait aucun pilote dans l’avion, dénonçant un président
coupé du monde, se retrouvant de plus en plus isolé dans sa tour
d’ivoire, sourd à tout ce que l’on peut lui dire. lien
Ajoutons, pour la bonne bouche, que des rumeurs persistantes font
état d’une brouille persistante du président d’avec son épouse, brouille
qui laisserait croire que son président de mari aurait donné des coups
de canif dans le contrat de mariage... et qu’ils ne seraient pas
consécutifs à une rencontre avec une « personne du beau sexe »,
impliquant notamment un ancien président de radio France, s’il faut en
croire un article paru dans « Femme actuelle » sous la plume de Géraldine Boyer. lien
Mais revenons au nouveau gouvernement qui se fait attendre...de
source bien informée, le poste de ministre du gouvernement Macron
n’intéresse pas grand monde.
Pourtant le salaire est bon, près de 10 000 € par mois, (lien)
les avantages nombreux : transports gratuits et à volonté, et le parc
automobile du gouvernement est composé de plusieurs dizaines de
véhicules avec chauffeur...lien
De source autorisée, ils seraient déjà au moins 5 à avoir refusé la place. lien
Il faut croire que la macronnie ne fait plus rêver grand monde, et
qu’on est loin de l’emballement qui a saisi une bonne partie de la
classe politique il y a 17 mois.
Celui qui, s’appuyant sur le dégagisme ambiant, voulait renouveler le
paysage politique français, est dans l’impasse, se retrouvant confronté
aux dures réalités du terrain...
Ajoutons que le couple présidentiel ne se porte plus très bien, les
déboires s’enchaînant depuis la pile d’assiettes brisées récemment, une
facture de 20 000 € à charge du contribuable. lien
Mais il y a peut-être plus préoccupant, un autre couple présidentiel, celui du Président d’avec son 1er ministre... du plomb dans l’aile ?
Tout vient de la décision du remaniement, car Philippe avait tenté de faire rentrer dans le gouvernement quelques-uns de ses amis de droite, ce que Macron n’a pas voulu, lui qui tente depuis quelques semaines de se donner une image « proche du peuple », voire sociale.
D’où les tensions dans le couple présidentiel.
D’ailleurs, ces tensions ont été mises en évidence le 9 octobre lors d’une passe d’arme entre le 1er ministre, et le patron du groupe LR droite à l’assemblée nationale, ce dernier montrant du doigt l’affaiblissement présidentiel, dont les 7 démissions ne seraient que la partie visible de l’iceberg de ce naufrage annoncé.
Daniel Morin, l’humoriste patenté de France Inter, en a fait un pastiche en forme de tirade de nez qui mérite le détour.
« Mr le 1er ministre vous n’arrivez plus à dissimuler l’affaiblissement du pouvoir de l’exécutif !
-Monsieur le président, je suis mon bon ami tout comme un livre ouvert ! Je ne cache pas mes forces, encore moins mes travers,
-C’est le vide autour de vous Mr le 1er ministre,
-Mon dieu votre vue baisse, êtes-vous donc aveuglé au point de ne pas voir ma belle majorité ?
-En 15 mois, 7 ministres ont quitté le gouvernement !
-Je suis un humaniste et laisse librement partir où bon leur semble en leur souhaitant bon vent !
-L’image du président est durement entachée !
-mon dieu, quel mauvais signe, une tache ! Portons vite cette image au plus proche pressing !
-tous les indicateurs sont au rouge, Mr le 1er ministre !
-et alors ça veut dire : c’est la fin de la disette ! Quand les fruits deviennent rouges, c’est l’heure de la cueillette !
-Mr le 1er ministre, tous vos soutiens désertent !
-morbleu ! Une mutinerie ! Votre annonce est sordide, qu’on m’amène les coupables afin que je les lapide !
-Mr Philippe, dites-nous plutôt jusqu’à quand cette mascarade ?!
Ah non ! c’est un peu court Jacob ! pour décrire le
désordre, on pourrait dire mon dieu bien des choses encore ! en variant
le ton, par exemple ! tenez...
Agressif : moi monsieur, je vire tout le monde tout de suite, et encore pas plus tard !
Amical : comment supportez-vous Philippe, mon ami, avoir autour de vous rien que des abrutis ?!
Descriptif : c’est une pagaille, c’est un bordel, c’est une affaire sensible, c’est pour Fabrice Druel !
Curieux : mais comment faites-vous pour tout faire aussi mal, le faites-vous exprès, ou est-ce congénital ?
Gracieux : aimez-vous à ce point la chienlit, que vous
mettiez 9 jours, ce qui est ma foi fort long, pour trouver successeur à
ce pauvre Collomb ?
Naïf : mais comment gérez-vous ce sinistre bordel, avez-vous un comptable, ou une mère maquerelle ?
Voilà ce qu’à peu près mon cher Jacob vous m’auriez dit
si vous mettiez la France au-dessus des partis. Les attaques contre moi,
ou contre mon gouvernement je les accepte pas venant d’un charlatan !
je n’ai ni Dieu, ni maître, a part mon Jupiter, mon Emmanuel chéri, mon
macron si solaire !...
Je suis riche d’honneur, bien que pauvre comme Job, vous c’est tout le contraire, pauvre Christian Jacob ! ». lien
Quant au remaniement, il semble bien qu’il soit encore retardé de
quelques jours, prouvant par là même l'existence du chaos qui règne au
plus haut niveau de l’état. lien
D’ici que le 1er ministre lui-même demande à être relevé de ses fonctions il n’y a qu’un pas.
Comme dit mon vieil ami africain : « le monde a beau changer, le chat ne pondra jamais ».

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