christophecroshouplon
Cacophonie, pas de deux et hésitations tergiversations au sommet de
l’Etat.
Jupiter et son premier obligé, à savoir Emmanuel Macron et
Edouard Philippe, nous jouent au combat entre hémisphère gauche et
hémisphère droit à propos de ce remaniement ministériel. Le Président
voulait une démission de son gouvernement et un nouveau discours de
politique générale. Accroché à son boulier comme un bulot, le premier
ministre refuse. De peur d’être soutenu par moins de députés que lors de
son premier oral au Palais Bourbon. Susceptible, Edouard Philippe, car
quoi ! Avoir 470 oui au lieu de 485 entre nous ça change quoi, rien.
Mais, vous me direz, le diable, celui qui s’habille en Prada, se niche
dans les détails.
Les journalistes et les micros ont donc fait le pied de grue toute la
matinée sur les trottoirs de la rue du Faubourg Saint Honoré pour rien,
on a fait monter la mayonnaise BFM pour accoucher d’un report, ces
messieurs-dames de la Presse Grand Siècle s’en sont allés la mine grise
se disperser dans les boutiques de luxe des alentours sans le moindre
entrefilet. Obligés de broder sur du vide, ma foi, nos éditorialistes
sont dans leur cœur de compétences.
L’amusant c’est le Name dropping auquel on assiste, à savoir le
nombre de ceux qui pour rien au monde alors qu’on leur fait clairement
des appels du pied veulent monter sur le Titanic gouvernemental. On ne
peut pas dire, pourtant le job est extrêmement bien payé et tout est
écrit d’avance, ministre sous Macron, il suffit d’avoir un costard de
marque, savoir lire un prompteur et palper à la fin du mois. Mais même ça, les postulants déclinent, c’est dire la force d’attraction de
l’employeur.
Philippe a, nous dit-on, lâché sur le coin du bureau présidentiel des
noms d’anciens collaborateurs de Nicolas Sarkozy, au hasard Frédéric
Péchenard à l’Intérieur, Monsieur Basses Œuvres de l’ancien président. À
peine débarrassé de l’ancien édile de la capitale des Gaules, notre
jupitérien monarque a, nous assure-t-on, fait la moue à l’énoncé du nom
de ce Fouché des temps modernes, et récusé les Beach Boys du mari de
Carlita. Trop bling-bling, sans doute. Trop à droite, surtout, Philippe,
lui, sait d’où il vient, et Macron, maître des horloges déréglées, a
envie de conserver le contrôle sur la navigation, si la coque penche
trop à droite ou à gauche, on va se prendre l’iceberg, Edouard, alors
écoute, je vais faire un saut de puce en Arménie écouter de l’Aznavour, ça détendra l’atmosphère, en attendant tu réfléchis, tu ranges ta
chambre et on en reparle à mon retour, d’accord …
Rarement – jamais en fait – casting aura été aussi compliqué à faire,
pourtant on parle de quoi, trois à cinq ministères pas davantage. À
part la comédie de Sarkozy autour du limogeage et du remplacement de
Fillon par Borloo, on n’avait encore jamais vu ça. Reconnaissons, dans
l’amateurisme et la pusillanimité, Macron innove, avec lui, pur débutant
en politique, c’est cours préparatoire tous les jours, séquence avant
le discours de la méthode. Ses supporters de la presse des neuf
milliardaires ont beau broder, les plumitifs de salon s’égosiller sur le
cas Michel Onfray en poussant des cris de hyènes, il n’empêche que les
gens, eux, c’est-à-dire vous et moi, taclent le ridicule de la précieuse
qui nous sert de monarque et se désintéressent totalement de ce jeu de
fauteuils Louis XV musicaux.
Que ce soit Tartempion, Guignol ou Gnafron à
l’intérieur, vu que le gouvernement de la France c’est Le Manège
enchanté pour le Haut de la Pyramide seul, comme dit l’ami George
Clooney, what else !

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