Michel Onfray
“Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait.”
Macron, Lettre aux Français.
Neuvième acte des gilets-jaunes. Envie de vomir en écoutant les
commentaires des journalistes ou de philosophes comme Ferry ou BHL qui
veulent absolument associer la violence aux gilets-jaunes alors qu’avec
leurs discours, auxquels il faut ajouter ceux du pouvoir et de Macron,
ils font tout pour la créer.
Je songe par exemple à cette galette des rois au cours de laquelle
Macron en a profité pour gifler à nouveau les gilets-jaunes. Chacun a
bien compris le message présidentiel quand il dit: “Les troubles que
notre société traverse sont aussi parfois dus, liés au fait que beaucoup
trop de nos concitoyens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort
soit apporté. Parfois on a trop souvent oublié qu’à côté des droits de
chacun dans la République – et notre République n’a rien à envier à
beaucoup d’autres – il y a des devoirs. Et s’il n’y a pas ce sens de
l’effort, le fait que chaque citoyen apporte sa pierre à l’édifice par
son engagement au travail.”
Cette déclaration est un authentique crachat lancé au visage de ceux
qui, à la moitié du mois, alors qu’ils travaillent dur et ne sont ni des
professionnels de l’allocation ni des assistés, ne peuvent plus faire
face aux dépenses de base! Après l’illettrisme, l’alcoolisme, le
tabagisme, l’intelligence limitée des pauvres face à sa pensée complexe,
les gens qui ne sont rien parce qu’ils n’ont rien, voilà une nouvelle
variation sur le thème du mépris: la fainéantise des gens modestes. Qui
crée la haine? Qui la sème? Qui ne cesse d’en faire usage? Qui l’excite
et l’énerve alors qu’il en est son pouvoir de la calmer?
Je ne cesse de dire que notre époque s’effondre sous les coups de
boutoirs de la moraline. Nos temps ont mis derrière elle la généalogie
qui, jadis, avec les Lumières en un autre moment emblématique,
permettait de se demander d’où venaient les choses et non s’il fallait
en rire ou en pleurer comme les esprits contaminés par la moraline ne
cessent de faire aujourd’hui.
Les chaînes d’information continue attendent la cogne, elles guettent
la castagne, elles s’impatientent devant les foules calmes: c’est leur
nourriture. Des crétins qu’on nous présente comme des journalistes -l’un
d’entre eux n’a cessé de parler la veille des “planches en bois”
apposées sur les vitrines des banques…- sont à l’affût du moindre vélo
retourné ou de la moindre poubelle répandue sur le sol afin d’envoyer le
message de la Présidence et du ministère de l’Intérieur: les
gilets-jaunes sont violents. Hors dictatures, on n’avait jamais vu à un
tel point la collusion entre pouvoir d’Etat et journalisme.
....../.......
La suite de cet article en cliquant sur ce lien : Les Crises

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire