Claude-Marie Vadrot
Les enfants sont les premières victimes avertissent des services de secours.
Le Comité international de la Croix rouge estime, avant la reprise des
combats entre l’armée turque (si tant est que la Turquie ait respecté
sa promesse) et les YPG kurdes alliés au régime Assad qu’au moins 200
000 personnes ont été déplacées ou laissées à l’abandon dans la zone
soumise aux bombardements turcs. Non seulement ces réfugiés ont été
laissés sans nourriture mais, dans cet espace semi-désertique, les
femmes, les enfants et les personnes âgées sont privées d’eau.
Tous les déplacés qui se trouvent dans et autour de la ville de
Hasaké ne peuvent plus renouveler leurs faibles réserves d’eau car la
station de pompage d’Akouk a été bombardée par les avions et
l’artillerie turcs. Une action de destruction systématique mais
interdite par les « lois » de la guerre à laquelle les forces
américaines avaient eu recours lors de l’invasion de l’Irak en 2003 sans
que les Nations Unies émettent alors la moindre protestation. Résultat,
au nord-est de la Syrie, au moins 400 000 personnes se trouvent sans
eau, expliquent les responsables de l’Unicef. Les convois de citernes
destinés à les approvisionner ont dû souvent rebrousser chemin en raison
des combats et des bombardements, ainsi que des interventions des «
milices » turques ne respectant pas les drapeaux des organisations de
l’ONU qui sont les seules à tenter d’intervenir dans des zones que les
ONG ont dû fuir.
Commentaire de Mysty Buswell, directeur pour le Moyen Orient du Comité international de secours : «
La situation empire de jours en jours et une fois de plus ce sont les
civils qui payent le prix le plus élevé de la situation et le manque
d’eau devient une urgence vitale dans toute cette région. Les pénuries
sont signalées aussi bien dans les villes que dans les zones rurales et
le manque d’eau deviendra encore pire dans quelques jours si les
équipements ne peuvent pas être remis en service rapidement »
Ce manque d’eau, qui s’ajoute au manque de nourriture, a déjà
entraîné des centaines de décès, notamment chez les enfants épuisés par
une errance de plusieurs jours sans que les familles aient eu les moyens
et la possibilité de s’approvisionner. Mais cette situation tragique ne
semble émouvoir personne alors que les résistants kurdes qui battent en
retraite devant l’invasion avec un équipement dérisoire ne disposent
d’aucunes provisions ni réserves d’eau.
D’autant plus que les forces
américaines qui se sont retirées sur l’ordre du président Donald Trump
ont dynamité des réserves alimentaires et des réservoirs provisoires où
étaient stockés des dizaines de milliers de litres d’eau qui auraient pu
sauver les populations en fuite devant les combats qui n’ont jamais
cessé….

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