Henri Carmona
La réforme de la SNCF de 2018 avait mis en route le processus. Ce 1er
janvier, la SNCF est devenu une société anonyme (SA) : le début de la
fin du service public du rail, en pleine mobilisation contre la réforme
des retraites.
Ce 1er janvier, en pleine bataille contre la réforme des retraites,
le passage d’Etablissement Public Industriel et Commercial (EPIC) au
statut de société anonyme (SA) à capitaux public de la SNCF est devenu
effectif. Une transformation qui s’inscrit dans le cadre de la réforme
de la SNCF, adopté en 2018.
En soi, il s’agit d’une étape fondamentale de franchit dans la destruction du service public du rail. Une note de travail interne de la SNCF, publié en mai 2018,
avait en effet jeté le trouble, ouvrant la possibilité de la
privatisation de l’entreprise. Par delà ces risques, le passage en SA de
la SNCF est, d’ors et déjà, un cap de franchit dans l’ouverture à la
concurrence pour l’exploitation du ferroviaire en France.
Autre changement radical, ce passage en SA met un terme à l’embauche
de cheminot au statut. Fini, évidemment, la possibilité pour les
nouveaux embauchés de bénéficier du système de retraite des cheminots,
fini aussi la protection de l’emploi pour les nouveaux entrants. Des
craintes déjà légitime, mais qui s’amplifie lorsqu’on sait que, si ces
dispositions sont aujourd’hui effective, la rédaction du fameux
« nouveau pacte social », qui doit statuer sur la formation, les
salaires ou bien encore sur les questions de mobilités internes, est lui
loin d’être établi. Cela n’a pas empêché la direction d’annoncer avec
grandiloquence que « les nouveaux contrats sont prêts », dans le flou le plus total donc.
Enfin, ce changement de statut de l’entreprise a pour conséquence
que, désormais, la SNCF soumise à des règles exigeantes de ratios
d’endettement. Un véritable coup de poignard contre le service public du
rail, faisant pénétré un peu plus la logique de rentabilité dans la
gestion du ferroviaire au détriment des besoins effectifs en terme de
service public. Il s’agit là de la pierre angulaire pour accélérer la
fermeture de petite ligne, jugé non rentable, au détriment des besoins
de la population, entre autre.
Dans ce contexte, une série d’action ont été tenu par les cheminots
actuellement au cœur du conflit contre la réforme des retraites. Actions
symboliques ou des cheminots ont orchestré les funérailles de la SNCF,
comme à Limoges et à Paris, ou on organisé des marches funèbres, comme à
Lyon.
Dans le contexte social actuel, la bataille contre la réforme des
retraites doit redoubler d’intensité, et pas seulement chez les
cheminots. Une victoire contre le gouvernement, pour mettre un stop aux
politiques néo-libérales destructrice du service public, est
indispensable. Cela pourrait également ouvrir la voie pour des
revendications offensives, et en premier lieu l’abrogation de la réforme
de la SNCF de 2018.
En ce sens, il s’agit d’amplifier au maximum la
mobilisation actuelle en ce début d’année, comme nous l’exprimions dans les vœux de Révolution Permanente pour 2020.

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