Bernard Gensane
Le
Brexit, une bonne chose économiquement pour le Royaume-Uni ? Je suis
incapable d'en juger.
Le fait est que, démocratiquement parlant, les
Britannique se sont prononcés à deux reprises pour le Brexit, lors du
référendum de 2016 et avec la nette victoire de Boris Johnson lors des
élections législatives récentes.
Je propose ici de larges extraits d'un article de Fabrice Drapel pour Valeurs Actuelles, droite dure, pro-Brexit. Les arguments développés ici ne sont pas à balayer d'un revers de la main.
Le
projet de la peur est l’argument principal des européistes dans tout le
processus du Brexit tant ils craignent un effondrement de l’UE. La
question qui se pose maintenant est quel sera l’avenir du Royaume-Uni
hors de l’UE, ce qui arrivera le 31 janvier 2020.
Le projet de la peur avant le référendum complètement mensonger
Je
ne suis évidemment pas de ceux qui pensent que ce sera la catastrophe.
Du reste, toutes les prophéties d’Apocalypse émises avant le référendum
de 2016 se sont révélées complètement fausses. Leur argument était
simple, efficace et tout trouvé : « Si vous votez non, ce sera une
catastrophe économique dès le lendemain du vote. »
La
Banque d’Angleterre, David Cameron, George Osborne, et même Barack
Obama ainsi que Christine Lagarde, qui faisaient ici preuve de « bonne
ingérence », annonçaient les catastrophes suivantes : effondrement de la
livre, affaissement des marchés financiers, récession du PIB, hausse du
chômage, débâcle des investissements, explosion de l’inflation et
baisse massive des prix de l’immobilier.
« L’intimidation était totale. Regardons maintenant la réalité »
L’intimidation
était totale. Regardons maintenant la réalité de ce qu’il s’est passé
depuis le vote en faveur du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016,
où 51,9 % des Britanniques avaient voté pour sortir de l’UE.
La
livre sterling a certes perdu de sa valeur à la suite du référendum et
de la victoire du Brexit. Le 23 juin, on était à 1 euro = 0,76 livre.
Aujourd’hui, vendredi 13 décembre 2019, on échange 1 euro contre 0,83
livre. Cela représente une dépréciation de 9 %. Cela n’a rien
d’insurmontable : rappelons que l’euro entre avril 2014 et mars 2017
s’est déprécié de 25% sans que personne ne hurle à l’apocalypse.
Au
contraire, la baisse de la livre sterling a favorisé la production sur
le territoire britannique. Entre mars 2016 et mars 2017, la production
manufacturière a augmenté de 2,7 %, et la production industrielle de 3,2
%. Un tel rebond n’avait pas été observé depuis 2010. Sur l’année 2017,
la hausse a été de 1,8 %. Sur la période 2016-2018, la hausse a été en
moyenne de 1,2 %, alors que, sur la période 2001-2015, la production
industrielle était en régression de 0,8 %.
Les
commandes industrielles en novembre 2017 ont d’ailleurs été au plus
haut depuis près de trente ans ! Pour ce qui est des marchés financiers,
le principal indice boursier britannique, le FTSE 100, équivalent de
notre CAC 40, cotait à 6 338,10 le 23 juin 2016 au soir.
L’indice
a perdu 3,15 % le vendredi 24 juin, puis 2,55 % le lundi 27 juin. Il
repartait à la hausse dès le mardi 28 juin, avec une augmentation de
2,64 %, puis dépassait son niveau d’avant le vote dès le mercredi 29
juin. Aujourd’hui, il cote désormais à 7 383,80, soit une hausse de 16 %
depuis l’avant-référendum. Là aussi, on est très loin de l’effondrement
annoncé.
Concentrons-nous
maintenant sur la croissance et le chômage. Dès 2016, une récession
devait se produire après le vote pour le Brexit. Manque de chance, en
2016, la croissance était la deuxième plus forte de tous les pays du G7,
à 1,8 %, et avait même été revue à la hausse… après le Brexit ! La
croissance a été de 1,7 % en 2017 et de 1,3 % en 2018.
Trois
années plus tard, on attend encore la récession promise par les
remainers ! Alors que l’Italie n’a pas de croissance depuis l’adoption
de l’euro et sombre en récession et que l’Allemagne est en train de
ralentir et se trouve également au bord de la récession, on peut même
dire que le Royaume-Uni ne s’en sort pas trop mal !
Chômage à la baisse
La
plus grande claque pour tous les prophètes d’apocalypse a sans doute
été l’évolution du taux de chômage. Ce que l’on constate, selon l’Office
for National Statistics (ONS, équivalent britannique de l’INSEE), c’est
que le chômage était de 5 % avant le référendum et qu’il est tombé à
3,8 % à la fin de mai 2019, soit le taux le plus bas depuis plus de
quarante-quatre ans, depuis l’hiver 1974.
Dans
le même temps, le taux d’emploi est passé de 74,2 % à 76,1 %, ce qui
constitue un record historique. Les mauvaises langues, qui n’ont pas
étudié en profondeur la question, expliquent que ce taux de chômage
baisse grâce aux petits boulots et aux emplois « zéro heure ».
Si
cela a pu être vrai par le passé, c’est pourtant l’inverse que l’on
observe depuis le vote du Brexit. Les emplois à temps partiel sont
passés de 8,564 millions (27 % des emplois) à 8,562 millions (26,3 % des
emplois). Cela veut donc dire que les 851 594 emplois créés l’ont été
entièrement à temps plein !
On
apprenait aussi en septembre 2019 que les salaires ont augmenté de 4,0
%, et le pouvoir d’achat de 2,1 % sur un an pour la période mai-juillet
2019 ! De telles augmentations de salaire et de pouvoir d’achat
n’avaient plus eu lieu depuis 2008, soit onze ans !
Le Royaume-Uni au premier rang mondial des destinations d’investissement
On
aimerait réellement vivre à notre tour une telle catastrophe en France !
Les investissements devaient aussi s’effondrer. L’enquête annuelle sur
les tendances de l’investissement réalisée par le cabinet de conseil
international EY en 2019, place même pour la première fois le
Royaume-Uni au premier rang mondial des destinations d’investissement,
dépassant même extraordinairement les États-Unis, une économie bien plus
vaste que le Royaume-Uni.
L’investissement
étranger direct (FDI, pour foreign direct investment) a augmenté de 6 %
en 2017, selon les derniers chiffres disponibles, par rapport à l’année
précédente. Il y a eu 1 205 nouveaux projets, contre 1 138 en 2016 et
seulement 700 en 2012. Lorsqu’ils ont été interrogés sur le Brexit, 6 %
des investisseurs ont déclaré qu’il diminuait leur attrait pour le
Royaume-Uni, tandis que 7 % ont déclaré qu’il augmentait leur attrait.
Ironiquement,
certains des plus gros investisseurs au Royaume-Uni ont été des
entreprises de l’UE comme Siemens ou la société espagnole CAF. Celles
qui ont le plus investi sont les entreprises américaines : Boeing,
Apple, Google, Facebook, Amazon, Snapchat, Mc Donald’s, Subway, McCain
Foods, etc.
Cette
liste n’est évidemment pas exhaustive, mais elle témoigne de l’absence
totale de lucidité et de bonne foi de la part de ceux qui annonçaient
l’effondrement du Royaume-Uni et cherchent maintenant à se raccrocher
aux quelques mauvaises nouvelles courantes pour faire croire que ce
serait la catastrophe.
« Le projet de la peur s’est révélé complètement faux »
Londres
est la première destination européenne des investissements en
capital-risque dans les nouvelles technologies, d’après une étude du
cabinet PitchBook publiée à l’ouverture de la semaine de la « tech » de
Londres.
Le
Royaume-Uni avait d’ailleurs aussi été classé par le célèbre magazine
Forbes comme le meilleur pays pour faire des affaires en 2018. Ces
investissements ne sont pas des investissements engagés sur deux ou
trois mois mais pour plusieurs années. Les investisseurs au moment de
ces choix avaient déjà intégré le Brexit.
Les
prix de l’immobilier devaient baisser. Ils n’ont en réalité jamais
baissé. Les prix de l’immobilier ont même augmenté de 5,2 % en 2016, de
4,5 % en 2017 et de 2,0 % en 2018. On attend aussi toujours les 10 000 à
30 000 financiers qui devaient traverser la Manche pour se réfugier en
France ou en Allemagne.
Le
projet de la peur s’est révélé complètement faux ! Les mêmes qui ont
asséné toutes ces prophéties apocalyptiques devraient se faire tout
petits. Le pire étant que l’on veut continuer de nous faire croire en
France, dans les grands médias, que la situation serait terrible au
Royaume-Uni.
Ce
sont aussi les mêmes qui se sont trompés sur toutes leurs prévisions
avant le référendum qui agitent le deuxième étage de la fusée projet de
la peur et disent que la catastrophe aura lieu après la sortie
effective… Comme si toutes les entreprises n’avaient pas déjà intégré
depuis longtemps cette sortie…
L’UE paiera la facture
Le
projet de la peur s’est révélé faux. Le Royaume-Uni va enfin sortir et
aller de l’avant suite à cette élection. Ce ne sera pas la catastrophe
annoncée et avec la fin de l’incertitude, il est même probable que
l’économie britannique se porte encore mieux. Ceux qui doivent redouter
le Brexit, ce ne sont pas les Britanniques mais ceux qui restent dans
l’UE. Ce n’est pas pour rien que l’Allemagne, voyant bien ses intérêts, a
toujours freiné une sortie sans accord.
C’est
l’UE qui a tout à perdre, d’où le caractère incompréhensible de sa
position de fermeté totale et de sa volonté de faire un exemple. Plutôt
que de vouloir faire un accord gagnant-gagnant pour sauvegarder ses
intérêts économiques, l’UE, à commencer par l’eurofanatique Emmanuel
Macron, a voulu que le Royaume-Uni souffre pour ne pas donner aux autres
l’envie de sortir.
Au
fond, cette attitude est celle d’une secte qui veut punir l’adepte qui
souhaite sortir et reprendre sa liberté. L’UE peut être la grande
perdante car le Royaume-Uni est massivement déficitaire au niveau des
échanges de biens. Son déficit commercial était en 2017 de près de 110
milliards d’euros avec l’UE.
Surtout,
les pays contributeurs nets restants, devront payer le manque à gagner
au budget de l’UE. La contribution nette de la France au budget de l’UE
est de 10 milliards d’euros en 2019. Après la sortie du Royaume-Uni, et
avec la hausse prévue du budget de l’UE de 30%, elle pourrait passer
dans les années qui viennent à 14 ou 15 milliards d’euros par an.
Alors
que l’on n’a plus d’argent pour les services publics de base comme
l’hôpital, ou pour l’entretien de nos routes ou de nos ponts qui
s’effondrent, on continue d’aligner les billets en pure perte pour la
secte UE. 15 milliards d’euros, cela représente la construction de 375
hôpitaux ! Ce représente aussi 909 euros par an et par foyer fiscal
payant l’impôt sur le revenu.
Bon
vent à nos amis britanniques qui sortiront tout début 2020 et s’en
sortiront très bien. Il est grand temps de suivre leur exemple, de ne
plus avoir peur de ces illusions économiques, de se libérer de la secte
UE par le Frexit et de reprendre notre liberté et notre démocratie.

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