Corinne Rozenn
Chez les vaches, il y a toujours un veau. La police nationale ne fait
pas exception à la règle.
Frédéric Veaux vient d’être nommé en Conseil
des ministres, ce mercredi, Directeur de la police nationale. Un
personnage au CV intéressant.
À 62 ans, Frédéric Veaux a coché toutes les cases. Il ne lui en
restait qu’une seule : chef des flics. Mais le haut-fonctionnaire a
quelques casseroles à son actif. Un « grand flic », vous disait-on. Et
les journaux ne sont pas avares en éloges. « L’individu », pour parler
en langage policier, passe d’abord par la Côte d’Azur, en sortant de
l’Ecole nationale supérieur de la police, avec l’antigang, à Nice, puis
la division de répression des stups et du proxénétisme, à Marseille
avant d’être envoyé à Lille puis en Corse. C’est là que Veaux accroche à
son tableau d’honneur son principal fait d’armes : c’est en tant que
chef de la Division nationale antiterroriste à la PJ qu’il participe en
2003 à l’arrestation d’Yvan Colonna, dans le cadre de l’affaire du
préfet Erignac.
Par la suite, Veaux continue à orbiter à droite, grenouillant dans le
réseau sarkozyste qui est une belle machine à promotions pour les
fidèles. C’est ainsi qu’il devient l’adjoint de Squarcini à la Direction
centrale du renseignement intérieur (DCRI), créée par Sarkozy en 2007,
pour fusionner la DST et les RG. C’est donc lui qui pilote le début de
ce qui sera « l’affaire Tarnac », l’une des principales barbouzeries des vingt dernières années visant la gauche radicale.
Cela n’a pas empêché Veaux de se recycler dans la préfectorale. C’est
ainsi qu’en 2016 il revêt le costume de préfet, en Mayenne. C’est là
qu’il « gère » le dossier Lactalis,
au cours duquel l’Etat couvre pendant de longues semaines les mensonges
de l’entreprise, l’un des leaders mondiaux des produits laitiers, dans
l’affaire du lait contaminé. Autre belle prouesse.
2020, après un passage dans les Landes, Veaux change à nouveau de
képi pour prendre la tête de la police nationale. Il paraît que Nicolas
Sarkozy, qui a l’oreille de Macron, a glissé un petit mot favorable à
son ancien proche sur ce dossier, sans que l’avis de Castaner ne soit
réellement pris en compte. Les rapports du ministre avec la profession
semblent… dégradés.
Avec un Veaux placé à la tête de la police et qui
aura à charge de la « réformer », on sait à quoi s’en tenir.

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