Pierrick Tillet
Depuis novembre 2018, rejointe par un nombre grandissant de pays à
travers le monde, la France est en proie à un soulèvement social qui
piaffe de devenir révolution.
Ennemi clairement désigné : le capitalisme
devenu fou et ses ravages mortels.
Dans un billet récent du Monde diplomatique, Frédéric Lordon explique que l’on ne pourra se contenter de se « soustraire »
au capitalisme en organisant d’hypothétiques vies parallèles, mais
qu’il est impératif de le renverser totalement et définitivement. Avant
de sauver le climat (ou les retraites), continue Lordon, c’est
l’humanité toute entière qu’il faut tirer des griffes de ce monstre
mortifère. Qu’on y prenne garde, prévient-il, « le capitalisme ne rendra pas les clés gentiment ».
Mais Lordon ne va pas tout à fait jusqu’au bout de son analyse : il
ne précise nullement qu’on ne pourra venir à bout de ce système
hautement toxique si l’on ne neutralise pas d’abord la bande de
prédateurs qui l’animent, si l’on ne chasse pas les gardiens du temple
qui le sanctuarisent à longueur de colonnes et d’éditoriaux. Qui n’a pas
constaté, après treize mois de soulèvement, l’impossibilité
d’arraisonner ces malades, campés sur leurs ruines ?
Pour en finir avec le capitalisme destructeur et sauver l’humanité, neutraliser l’oligarchie vénéneuse et ses chiens de garde cinglés
Seuls les carcans mentaux dressés par le capitalisme retiennent
encore les citoyens de passer à l’acte révolutionnaire final : le
respect viscéral à un ordre hiérarchique établi (par les dominants), le
tabou de la violence, les mots-épouvantails – populisme, ringardisme,
antisémitisme… – que les malfaisants brandissent lorsqu’ils sentent les
vents tourner. Mais après plus d’une année de soulèvement populaire
ininterrompu, ces ultimes remparts mentaux sont en train de tomber, y
compris le tabou de la violence (dont l’oligarchie n’hésite pas un
instant, vous remarquerez, à faire un usage immodéré au nom du maintien
de son ordre).
En France, 2019 fut l’année du réveil et de la fierté citoyenne retrouvée.
Étape indispensable, mais qui ne consacre pas encore une indispensable
révolution. Que souhaiter pour 2020, sinon la réalisation de l’acte
révolutionnaire final : en finir définitivement avec le capitalisme
destructeur en neutralisant son oligarchie vénéneuse et ses chiens de
garde cinglés. Pour sauver l’humanité.
Ce sera, exprimés sans ambages, mes vœux pressants pour l’année nouvelle.

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