Paul Morao
Confinée dans le Palais de l’Elysée, ses 300 mètres carrés
d’appartements privés et son parc d’1,5 hectares, Brigitte Macron
vivrait mal, d’après le magazine Elle, sa situation.
Une insulte pour la
majorité de la population qui est contrainte de travailler et de
s’exposer à l’épidémie ou se retrouve confinée dans de petites surfaces.
Depuis le 16 mars, la Première Dame est confinée comme une grande
partie de la population. D’après le Magazine Elle, qui dépeint la
situation de l’Elysée sous confinement, cette situation serait difficile
à vivre pour Brigitte Macron. « Ça lui coûte » a ainsi expliqué un proche au magazine qui complète : « A l’instar des Français, l’épouse du Président vit ce retranchement avec difficulté ».
Et de fait, les « Français » peuvent sans peine imaginer les
difficultés de Brigitte Macron. Pour cela il suffit de se rappeler où
vit la Première Dame. Situé au 55 rue du Faubourg Saint-Honoré, LCI en
rappelait en mai 2017 les caractéristiques du logement de fonction du
Président de la République : « Le palais de l’Elysée a une superficie
de 11 179 m2, dont 300 m2 d’appartements privés, pour 365 pièces (dont
90 en sous-sol). Le parc lui mesure 1,5 hectare. Le budget de l’Elysée
était proche des 100 millions d’euros en 2014. Quelque 800 personnes
travaillent à l’Elysée, dont une centaine rien que pour gérer le
courrier (l’Elysée reçoit près de 2000 lettres par jour), et 350
militaires pour assurer la sécurité. »
Une véritable prison en période de confinement ! Pourtant, en plus
des difficultés de l’enfermement, Brigitte Macron doit également
affronter l’épreuve des transformations de son quotidien. « Le service à la française, où chacun pioche dans les plats, a été remplacé par le service à l’assiette, plus hygiénique » rapporte ainsi le magazine Elle.
Alors que des centaines de milliers de travailleurs sont contraints
de travailler et de s’exposer à l’épidémie pour continuer à faire
tourner la société, qu’ils soient soignants, caissiers, postiers,
auxiliaires de vie, les états d’âme de Brigitte Macron risquent d’en
faire sourire plus d’un. Quant aux confinés, il est probable que la
majorité s’émeuve peu du sort de la première dame, à l’image des 4
millions de mal-logés pour qui celui-ci constitue une véritable épreuve
comme le rapporte Street Press. Interrogé par le journal, Moussa, étudiant qui vit avec ses deux cousins dans une chambre de 12m2, raconte : « Avant
je restais à la fac pour réviser mais depuis le confinement, c’est très
compliqué de suivre les cours à distance. Ici je n’ai pas de table et
pas de place pour ranger mes affaires. Il y a trop de bruit et toujours
des gens qui sortent et qui rentrent. »
Alors que l’ensemble de la population doit faire face à l’épidémie et
ses conséquences, les clivages qui traversent la société semblent ainsi
plus visibles que jamais. Entre les cadres et cadres supérieurs qui
télétravaillent tandis que les ouvriers sont contraints, par la
politique du gouvernement et du patronat, de continuer à se rendre à
l’usine ou d’imposer l’arrêt de la production par la lutte. Entre les
infirmières et médecins qui sont en première ligne face à l’épidémie et
les directions des hôpitaux qui ont pris une part active à la casse de
l’hôpital public en appliquant les réformes des gouvernements
successifs. Entre les mal-confinés et Brigitte Macron, qui vit mal son
confinement de luxe au Palais de l’Elysée.
Une opposition de situations qui recouvre tout simplement
l’opposition de classe qui structure la société, et dont le caractère
plus visible que jamais pourrait être véritablement explosif à l’heure
où le gouvernement entend bien faire payer la crise aux travailleurs.

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