Louis Nadau
Didier Raoult, patron iconoclaste de l’IHU Méditerranée Infection, a
claqué ce mardi 24 mars la porte du collège d’experts conseillant
l’exécutif dans la gestion de la crise sanitaire créée par l’épidémie de
Covid-19.
Le ras-le-bol de Raoult. Selon Les Echos,
Didier Raoult, patron iconoclaste de l’IHU Méditerranée Infection, a
claqué ce mardi 24 mars la porte du collège d’experts conseillant
l’exécutif dans la gestion de la crise sanitaire créée par l’épidémie de
Covid-19 : “Je ne participe plus au Conseil scientifique réuni autour d’Emmanuel Macron”, a assuré le professeur au quotidien économique.
Cette rupture est la conséquence d’un désaccord stratégique avec le
gouvernement : plutôt qu’imposer le confinement général à la population,
Didier Raoult
souhaite, suivant l’exemple de la Corée du sud, mettre en place une
campagne massive de dépistage à l’échelle nationale et d’isolement des
cas positifs. “Cette stratégie a permis de s’attaquer aux nouveaux foyers avant qu’ils débordent. Ce doit être notre modèle”, insiste-t-il auprès des Echos.
Bras de fer
Depuis lundi, le désaccord a tourné à la défiance, puisque Didier
Raoult a ouvert son institut au dépistage massif malgré les consignes de
confinement, invoquant le serment d’Hippocrate. De sorte que plusieurs
centaines de Marseillais attendaient encore devant l’IHU ce mardi. Tous
les cas “de modérés à sévères” ont été traités à l’hydro-chloroquine,
dont le professeur Raoult est un ardent défenseur pour combattre le
Covid-19. Le médecin, qui a mené des test en dehors de la procédure
normalement fixée pour les essais cliniques, pavoise dans Les Echos : “Je suis sur le terrain, pas devant des statistiques. Ne vous inquiétez pas, ça marche !”
Dans Marianne, le professeur Raoult faisait déjà état de ses difficultés à faire entendre son message : « Je
discute beaucoup avec le gouvernement et avec des personnes au plus
haut niveau de l’Etat. Je comprends ce qui fait partie de l’écosystème
des décideurs, ce n’est pas une surprise que d’avoir été mis de côté« , confiait-il.
Et de conclure : “Je
garde mon cap, j’ai des difficultés à juger aussi par moment, je passe
mon temps à expliquer que les maladies infectieuses sont très
compliquées et multi-factorielles, j’imagine que la politique, c’est
pareil ! »
Source : Marianne

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