samedi 4 avril 2020

Au revoir président : Didier Raoult, le « docteur chloroquine », quitte le Conseil scientifique d’Emmanuel Macron


Louis Nadau

Didier Raoult, patron iconoclaste de l’IHU Méditerranée Infection, a claqué ce mardi 24 mars la porte du collège d’experts conseillant l’exécutif dans la gestion de la crise sanitaire créée par l’épidémie de Covid-19.

Le ras-le-bol de Raoult. Selon Les Echos, Didier Raoult, patron iconoclaste de l’IHU Méditerranée Infection, a claqué ce mardi 24 mars la porte du collège d’experts conseillant l’exécutif dans la gestion de la crise sanitaire créée par l’épidémie de Covid-19 : “Je ne participe plus au Conseil scientifique réuni autour d’Emmanuel Macron”, a assuré le professeur au quotidien économique.
Cette rupture est la conséquence d’un désaccord stratégique avec le gouvernement : plutôt qu’imposer le confinement général à la population, Didier Raoult souhaite, suivant l’exemple de la Corée du sud, mettre en place une campagne massive de dépistage à l’échelle nationale et d’isolement des cas positifs. Cette stratégie a permis de s’attaquer aux nouveaux foyers avant qu’ils débordent. Ce doit être notre modèle”, insiste-t-il auprès des Echos.

Bras de fer

Depuis lundi, le désaccord a tourné à la défiance, puisque Didier Raoult a ouvert son institut au dépistage massif malgré les consignes de confinement, invoquant le serment d’Hippocrate. De sorte que plusieurs centaines de Marseillais attendaient encore devant l’IHU ce mardi. Tous les cas “de modérés à sévères” ont été traités à l’hydro-chloroquine, dont le professeur Raoult est un ardent défenseur pour combattre le Covid-19. Le médecin, qui a mené des test en dehors de la procédure normalement fixée pour les essais cliniques, pavoise dans Les Echos : “Je suis sur le terrain, pas devant des statistiques. Ne vous inquiétez pas, ça marche !
Dans Marianne, le professeur Raoult faisait déjà état de ses difficultés à faire entendre son message : « Je discute beaucoup avec le gouvernement et avec des personnes au plus haut niveau de l’Etat. Je comprends ce qui fait partie de l’écosystème des décideurs, ce n’est pas une surprise que d’avoir été mis de côté« , confiait-il. 

Et de conclure : “Je garde mon cap, j’ai des difficultés à juger aussi par moment, je passe mon temps à expliquer que les maladies infectieuses sont très compliquées et multi-factorielles, j’imagine que la politique, c’est pareil ! »

Source : Marianne

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