Jean-Luc Mélenchon
La pagaille macroniste continue.
Un neuvième groupe se constitue à
l’Assemblée nationale avec les dissidents macronistes et divers
« indépendants » politiquement favorables à eux-mêmes. Donc LREM n’est
plus majoritaire à elle toute seule. Mais la majorité reste majoritaire
grâce au MoDem. Un groupe de 40 personnes détient la clef de tout vote
majoritaire sur les lois et sur les amendements de détails. La IVe
république et son aberrant régime de partis fait son retour en fanfare.
C’était ça que voulaient les électeurs ? Non, bien sûr. Ils ne savaient
même pas qu’ils élisaient des « Modem » dans l’emballage macroniste.
La réforme constitutionnelle de Macron se fait donc dans les faits,
sans Macron et contre lui. « Nan ! nan ! nan ! » protestent les
scissionistes. « Nous ne sommes ni dans la majorité ni dans
l’opposition ». De mieux en mieux. Commence donc à ce jour le régime de
la parlote en coulisse, des complots et de la négociation secrète pour
acquérir, à chaque difficulté, le vote de ces « ni-ni ». Un tel ni-ni
n’existe d’ailleurs pas dans une démocratie républicaine. On le verra au
premier vote de confiance. Il leur faudra choisir : majorité ou
opposition ?
Tout cela est donc une comédie dont les objectifs réels ne sont pas
encore connus. On le rappelle, il ne s’agit pas de gérer la buvette d’un
patronage mais de gouverner un grand pays ! Tous ces gens ont été mis
en place par Macron. Il est donc responsable du bazar. Son quinquennat,
c’est le coup du chaos permanent. Et peut-être est-il partie prenante du
montage qui s’annonce. Puisque que tout cela est inouï, jamais vu,
inconnu, laissons la bride aller sur le cou de notre imagination. Tout
cela ne préparerait-il pas les matériaux de construction du
« gouvernement de majorité de projet » dont rêvent les joueurs d’échecs
de l’Élysée pour donner un second souffle au quinquennat suffocant ?
Édouard, fais les valises, tu vas rentrer. Juste après les municipales ?
Plus concrètement. Le neuvième groupe va permettre de reléguer les
groupes à gauche de l’hémicycle davantage qu’ils le sont et la scène
médiatique va s’enrichir de nouveaux répondeurs automatiques pour
« libérer les énergies », parler « pour les territoires », « viser
l’innovation et la flexibilité ». Ca commence fort : « 5 milliards par
an pour la transition écologique » demandent-ils. Comme il en faut 75 en
investissements chaque année pour être dans les clous de l’accord de
Paris, Macron peut leur dire merci. De la gestion de la crise sanitaire
et sur que faire à présent : rien.
Évidemment, nous ferons tout ce qui est dans nos moyens pour attirer
dans l’opposition ces « marcheurs errants » les jours où ils seront
tentés de s’opposer. Il y aura des amendements communs, et ainsi de
suite. Au début ils seront gênés et ils auront honte d’être associés à
de tels sauvages. Puis ils vont être aussi maltraités que nous le
sommes, puis ils vont voir qu’en dehors de la majorit, il n’y a que
l’opposition, puis ils vont voir qu’un mot en entraine un autre. Et
ainsi de suite. Macron a intérêt à les réintégrer vite fait dans une
combine ou une autre. Et nous, nous avons intérêt à être sympa.
C’est le
truc de la IVe République : on n’attrape pas les mouches avec du
vinaigre. Préparons les barbes à papa.

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