Pierrick Tillet
Déjà 17 jours depuis le début du déconfinement (11 mai) et toujours pas le moindre rebond du coronavirus, bien au contraire.

Bien évidemment, en 17 jours, avec un virus dont le délai
d’incubation est en moyenne de 5 jours (source : OMS), si rebond il
devait y avoir, il aurait déjà eu lieu. Mais non, rien, pas même l’ombre
d’un frémissement. Pourtant dehors, des gens masqués qui avancent comme
des ombres, regards méfiants vers ceux qui pourraient s’approcher trop
près. Les bisous, n’y comptez pas !
Entendons-nous, je n’ai pas les compétences qui me permettent
d’établir des diagnostics médicaux. Je ne parle ici que sur la base de
constats vérifiés et d’indications fournies par des spécialistes
reconnus et surtout confirmés. Pour le professeur Didier Raoult, par
exemple, aucune épidémie virale n’a jamais connu deux pics successifs.
M’embrasse qui veut !
Mais l’on aborde aussi un domaine où l’individu et le citoyen que je
suis a son mot à dire : celui de son attitude face aux risques de
maladie ou même face à la mort. Le philosophe Ivan Illitch assimilait la quête forcenée de la santé et la peur panique de la maladie à de la « morbidité ».
Voir beaucoup de mes concitoyens continuer d’errer comme des âmes en
peine au nom d’un principe de précaution exacerbé jusqu’à l’absurde me
désole au plus haut point.
« Nous qui sommes dotés de la faculté
de penser, nous devons bien voir que la quête de la santé peut être
source de morbidité. J’invite chacun à détourner son regard et ses
pensées de la poursuite de la santé, et à cultiver l’art de vivre. Et,
tout aussi importants aujourd’hui, l’art de souffrir et l’art de mourir »
(Ivan Illitch).
Sans aller jusqu’au jusqu’au-boutisme d’Illitch qui se laissa mourir
d’une tumeur au cerveau en refusant toute opération, j’entends assumer
la prise de risque qu’est la vie en la vivant jusqu’au bout et pas les
yeux rivés sur mon taux de cholestérol, les résultats d’une coloscopie
ou la réapparition fantasmée d’un virus en voie manifeste de
disparition.
D’ailleurs, je refuse tous ces examens à la con. M’embrasse
qui veut !

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