Jean-Luc Mélenchon
Les images des rassemblements « Justice pour Adama Traoré » ce mardi
sont impressionnantes de calme et de détermination tranquille.
La colère
est froide. Elle est maitrisée d’une façon spectaculaire. Les
provocateurs de l’extrême droite et de la préfecture de police en sont
pour leur honte. La foule a aussi crié « Liberté Égalité Fraternité » et
chanté la Marseillaise. Les fachos restent collés à leur réalité : des
haineux hostiles au destin commun que le peuple veut se donner malgré
les racistes.
Je crois que cette détermination est un écho direct de
l’encouragement venu de la révolte citoyenne aux États-Unis. C’est un
signal de première importance. Les gros sabots de madame Le Pen nous
avaient alertés. Pour qu’elle se risque à dire que mon texte sur les
États-Unis serait un appel à l’émeute en France c’est que les forces
politique se disposent pour un affrontement avec une extrême rapidité.
Pourquoi ? C’est qu’en France s’impose une réalité dont tout le monde
connait l’importance. Toute une population ne peut plus respirer.
Surtout cette jeunesse humiliée par les contrôles incessants,
l’injustice permanente et les violences policières impunies avec
ostentation. Et il y a aussi toute cette population dans tous les
quartiers où les comportements de l’autorité écœurent et alarment.
Nous sommes très nombreux à savoir que le mépris venu d’en haut se
mue toujours en remontée de dégoût. Mais il en est qui souhaitent le
débordement. Sûrement pas les milliers de personnes pacifiques
rassemblées dans les grandes villes du pays ce mardi soir. Mais toute la
caste à la ramasse depuis les gilets jaunes semble compter là-dessus
pour se refaire une santé électorale.
LREM, d’abord. Ses pratiques sectaires à l’Assemblée nationale où
cette organisation s’est déjà déchirée en trois morceaux rayonnent dans
tous les compartiments de la vie du pays. LREM a renoncé à la jeunesse
réelle du pays. Son préfet de police à Paris se prend pour un garde
chiourme au lieu d’assumer le rôle de pacificateur qui revient
normalement au chef des gardiens de la paix que devrait être une police
républicaine. Il jette volontairement de l’huile sur le feu. Ses
déclarations aveuglées raisonnent comme autant de grossières incitations
à la réplique. Les tirs de lacrymo et le nassage des rassemblements de
mardi n’étaient pas destinés à « maintenir l’ordre » mais à provoquer le
désordre dont les mouches médiatiques pourraient se régaler ensuite.
Comme le gouvernement, le Front national salive. Ses milices
« identitaires » sont déjà en patrouille dans les rues comme à Lyon ou
Lille prêtes à la castagne et aux agressions sous tous les prétextes.
Comme aux USA, tous ceux-là comptent sur une majorité de la peur. Loin
de chercher à résoudre les causes de la tension, ils vont l’alimenter
sans cesse sur le mode qu’affectionne Trump. Peu leur importe pour eux
de quel coût le pays paiera leur plan de communication. Peu leur importe
la profondeur de la blessure qui déchire la jeunesse face aux abus de
toutes sortes que le pouvoir cautionne. Et tout cela dans un contexte où
le chômage enfonce dans le néant social près de cinq millions de
personnes désormais tenaillées d’angoisse. Au moment où arrivent sept
cent mille jeunes supplémentaires sur le marché du travail dès septembre
prochain. Et ainsi de suite.
Attention, attention aux apprentis
sorciers du duo infernal Macron Le Pen !

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