Pierrick Tillet
Se polariser sur le racisme de la police est une erreur.
La police
n’est pas plus raciste – je veux dire anti-noirs ou anti-cafés crèmes –
qu’elle est anti-Gilets jaunes, anti-pauvres, anti-personnels soignants,
anti-pompiers, anti-défenseurs du système de retraites par répartition…
La police est juste au service d’une classe dominante et est – sur
ordre de celle-ci – anti-tout ce qui menace les intérêts de classe de
ces privilégiés. Plus ceux-là sont ou se sentent menacés et plus leur
police cogne, indifféremment, sur les noirs, les cafés crèmes, les
Gilets jaunes, les personnels soignants, les avocats, les pompiers, les
défenseurs du système de retraites par répartition… Bref, sur tous ceux
qui font mine de se rebiffer.
Désigner la classe dominante comme l’ennemi commun à abattre
Se polariser sur le racisme de la police, c’est postuler qu’elle
défendrait les intérêts des blancs sans distinction. Où avez-vous vu que
la police volait au secours des intérêts des Gilets jaunes, des
personnels soignants, des avocats, ces pompiers, des défenseurs du
système de retraite par répartition, tous à dominante de peau très
blanche ?
Éparpiller les luttes en fonction de leurs différences de nature
peut se comprendre. On ne se révolte vraiment que contre ce qui nous
touche directement. Mais c’est bien évidemment réduire la portée de
toutes ces révoltes que de les maintenir en état d’émiettement, pire en
les opposant les unes les autres.
Petit à petit, les révoltes se multiplient, et à raison. Mais elles
ne parviendront à leurs fins qu’en se coagulant et en désignant leur
ennemi commun.
Même pas la police, d’ailleurs, qui n’est que le bras
armé assez balourd de la classe dominante, mais la classe dominante
elle-même, l’ennemi commun à abattre.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire