Tatiana Magnani
Le syndicat Sud Santé Sociaux a quitté la table des négociations du
"Ségur", qualifié de "parodie".
Ils affirment la nécessité de construire
un rapport de force. L'auto-organisation à la base et la grève sont les
seules voies possibles pour arracher une victoire.
Comme nous le mentionnions la semaine dernière, de très nombreux soignants sont plus que sceptiques du « Ségur de la santé » : « Depuis
lundi, le Ségur de la santé a commencé et il est hors de question que
ce ne soit que des costumes cravates [...] qui pensent pour nous, on a
aussi notre mot à dire et à ce jour on est toujours mis de côté », nous expliquait un hospitalier et syndicaliste à Sud à l’hôpital Avicenne.
Sud Santé Sociaux dénonçait déjà que les représentants syndicaux
conviés au Ségur soient très limités dans leurs droits de parole et
n’avaient toujours pas pu s’exprimer en début de semaine dernière. De
plus, le collectif Inter-Urgences ainsi qu’une grande partie des
paramédicaux ont été exclus des principales discussions.
Cette mise en scène de « dialogue social » sert avant tout au
gouvernement pour avancer sur son propre cap, qui n’aura rien dans le
fond de bien différent du « monde d’avant ».
Ce mardi, après la réunion en bilatérale avec Nicole Notat, la
chargée du « Ségur de la santé », Sud Santé Sociaux a quitté la table de
négociations. Selon Ouest-France, les soignants considèrent ce « Ségur » comme une « parodie de concertation ».
Sud Santé Sociaux revendique notamment une hausse de salaire de 300
euros net pour tous les personnels hospitaliers et un moratoire sur les
fermetures de lits dans les hôpitaux. Ils dénoncent également le choix
de Nicole Notat, à l’initiative du tournant à droite de la CFDT dans les années 1990, pour diriger le Ségur.
Selon le syndicat, la réunion a été présenté comme une « réunion
brainstorming », en oubliant toutes les derniers années de mobilisation
des hospitaliers pour une vraie augmentation des salaires et des
effectifs, pour l’embauche de tous les contractuels et pour un plan
d’investissement dans l’hôpital public. La disparition de la gratuité
des soins et la sortie « des lois du marché » ont été soulevés, posant
directement la question de la privatisation, responsable par le
démantèlement du système de santé.
Si la revalorisation, après des années de gel du point d’indice, est
plus que nécessaire, la crise sanitaire a mis en lumière la nécessité de
se battre pour un système de santé universel, gratuit, ce qui passera
notamment par une nationalisation de la santé privée. Aujourd’hui, ce
dont on a besoin urgemment, c’est de plus de moyens humains et matériels
pour l’hôpital, l’ouverture de nouveaux lits ; et de revaloriser
l’ensemble des salaires et des contrats, pour que les travailleurs de
l’hôpital ne soient plus en situation de précarité. Toutes ces
revendications, les soignants les expriment dans de nombreux
rassemblements et manifestations depuis le déconfinement, notamment les
« mardis de la colère ».
La situation actuelle pose les prémisses d’une construction de la
mobilisation et de la grève ce 16 juin. Loin de toutes illusions dans
les concertations avec ceux qui sont responsables de la casse de
l’hôpital, loin de toute confiance dans le gouvernement, il est
nécessaire d’affirmer que seul le rapport de force permettra de répondre
à l’urgence de la situation dans les hôpitaux publics.
Ce n’est pas par
des négociations mais par une auto-organisation à la base que les
soignants, tous corps de métiers confondus, devraient décider de la
suite du mouvement et des revendications !

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