Pierrick Tillet
Tandis que la psychose sur un éventuel (mais encore inexistant)
rebond du Covid-19 déchire le pays, la France est entrée dans l’oeil du
cyclone d’un effondrement économique vertigineux.
Selon l’Insee, la récession devrait avoisiner les -20% au second trimestre 2020,
après une baisse de -5,3% au trimestre précédent. Pour tabler sur une
prévision déjà record de -11% sur l’ensemble de l’année (contre -8% il y
a encore quelques semaines), l’Insee parie sur une croissance de +10%
au second semestre par rapport au même semestre de 2019.
C’est non seulement totalement insensé, mais aussi très mal parti !
La reprise post-confinement est aussi ramollo que le rebond du
coronavirus. Un exemple : en pleine période estivale, donc touristique, 42% des hôtels parisiens sont toujours fermés et le taux d’occupation des autres a baissé de 60% par rapport à juillet 2019.
Le secteur touristique est loin d’être isolé en son infortune. Après
avoir plongé de -72 % en mars, -88 % en avril, -50 % en mai, le secteur
automobile n’a enregistré qu’une hausse faiblarde de 1,2%
des immatriculations de voitures neuves en juin par rapport au même
mois de 2019. Autant dire que l’effet de rattrapage espéré est nul… mais
que l’effet sur le taux de chômage du pays va être, lui, retentissant.
Accrochez-vous aux branches parce que ça va secouer !
Évidemment, ce n’est pas la psychose collective délirante qui sévit
autour d’un rebond fantasmé du coronavirus qui risque d’arranger les
choses ! Pas plus d’ailleurs que l’accord bidon de relance européenne
annoncé triomphalement par les 27 pays membres la nuit dernière. Comme
d’habitude un accord en trompe l’oeil qui ne trompe guère grand monde
par ses compromissions et ses reculades. En tout cas, pas l’économiste
Jacques Sapir :
Ce plan est considérablement réduit par rapport à vos propositions.— Jacques Sapir (@russeurope) July 21, 2020
De 1500 milliards en mai, nous sommes passés à 750 (projet de la Commission) puis 390 aujourd’hui, et vous osez crier victoire? https://t.co/PM6iEnhsmP
Il va bien falloir que nous autres citoyens, nous fassions une
raison. L’effondrement économique que nous anticipions depuis la
précédente alerte de 2008, est en train d’atteindre son point culminant.
Il frappe non seulement la France, mais aussi l’ensemble des pays du
bloc occidental. L’ère de la société de consommation intensive qui
caractérisait jusqu’alors le capitalisme est terminée, achevée par une
épidémie sanitaire vacharde (mais pas que).
Il va falloir nous faire raison, travailler à la construction d’une
nouvelle machine, nous rebâtir des habitudes de vie, ou sombrer. Pendant
l’effondrement, pas grand-chose d’autre à faire que de nous accrocher
aux branches et tenter de nous réorganiser.
N’avons-nous pas commencé à
nous y employer tout au long de cet interminable épisode de confinement ?

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire