Antoine Manessis
Depuis l'implosion de l'URSS, le Haut-Karabakh, peuplé d'Arméniens mais enclavé dans l'Azerbaïdjan, est l'objet d'un conflit - chaud ou froid - entre les deux ex-Républiques soviétiques l'Arménie et l'Azerbaïdjan.
Rien qui ne put être réglé pacifiquement si les intérêts des peuples étaient pris en compte. Mais évidemment ce sont des gouvernements au service de leurs oligarques respectifs qui sont à la manœuvre.
Et pour rajouter encore à la tension, la Turquie et la Russie sont intervenues dans le conflit. Chacune de ces puissances régionales ne faisant que défendre ses intérêts impérialistes. La Russie soutenant l'Arménie tout en jouant à l'arbitre, la Turquie soutenant l'Azerbaïdjan et lui permettant de mener une politique militaire agressive pour régler le problème que lui posait l'enclave arménienne du Haut Karabakh.
Des changements politiques eurent lieu en Arménie en 2018 avec l'arrivée au pouvoir de Nikol Pashinyan, un néolibéral. Sans doute a-t-il voulu équilibrer ses relations entre les occidentaux (Etats-Unis/UE/OTAN) et les Russes, estimant, après la défaite de l'Arménie lors du dernier conflit militaire en 2020, que la Russie n'avait pas été à la hauteur pour défendre la sécurité de l'Arménie.
Cette évolution, prémices aux yeux des Russes d’un rapprochement entre l’Arménie et l’Ouest, explique sans doute que, lors de l'attaque de l'Azerbaïdjan le 19 septembre, les forces russes d'interposition n'aient pas fait preuve d'une volonté d'arrêter les troupes d' Ilham Aliyev, le dictateur corrompu qui dirige l'ex-République soviétique. De plus il est possible que la Russie "occupée" en Ukraine n'est pas voulu créer un nouveau front.
Les troupes arméniennes de "l’Armée de défense" du Haut Karabakh ont capitulé et ont déposé les armes après 24 heures de combat dans le cadre d’un cessez-le-feu négocié avec l’Azerbaïdjan.
Cette fin rapide de l'affrontement met fin à cet épisode militaire mais il est à craindre que l'on assiste de la part des Azerbaidjanais à une épuration ethnique des Arméniens du Haut Karabakh. En Arménie, cette nouvelle défaite dans l'enclave provoque des troubles politiques.
Le capitalisme dominant le monde, on assiste à une multiplication des conflits entre les impérialismes, grands ou petits, sans autre motivation que les intérêts impérialistes, surfant sur les nationalismes, les irrédentismes et des héritages historiques conflictuels.

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