Bernard Gensane
C’est le représentant en France de l’extrême droite israélienne. Il est lié à l’aile droite du Likoud, le parti de Benjamin Netanyahou, dont il est l’ami, selon Wikipédia. Lors de ses campagnes, Meyer Habib bénéficie du soutien officiel de Netanyahou, avec qui il réalise des clips de campagne.
Meyer Habib est député des Français de l’étranger dans une circonscription qui englobe Israël mais également Chypre, Malte, la Grèce, la Turquie, l’Italie et Saint-Marin. Il y a été élu trois fois avec une énorme abstention, de l’ordre de 90%. Il a aussi été pressenti pour devenir l’ambassadeur d’Israël en France.
Le père d’Habib était proche de Menahem Begin, un des pionniers du sionisme d’extrême droite, membre du Betar, un mouvement paramilitaire de type fasciste, anti-arabe et opposé à tout compromis, considérant la Palestine comme un territoire exclusivement juif. Meyer Habib a lui-même milité au Betar dans les années 1980.
Lors de ses campagnes, il se présente comme le candidat de « la cause sioniste » et des « valeurs de la Torah », loin des fondements de la République laïque. Il considère Jérusalem comme la capitale indivisible de l'État d'Israël. Il qualifie la moindre opposition aux crimes d’Israël d’antisémite. Pour lui, Israël est l’« État le plus moral et le plus humaniste au monde ».
En politique intérieure, il est favorable à toutes les lois liberticides et sécuritaires, comme le port d’armes en permanence pour les policiers, les mesures antiterroristes qu’il appelle à durcir. En tant qu’élu, il soutient en 2015 deux agresseurs de confession juive arrêtés après avoir agressé des musulmans, en téléphonant directement au commissariat pour les faire libérer.
En 2018, il débarque à l’Assemblée avec un garde armé qui n’est pas accrédité. Celui-ci exhibe son pistolet pour forcer l’entrée au côté du député, qui qualifie d’antisémites les personnes qui refusent que l’homme armé ne pénètre le bâtiment. Selon certaines sources (le site Contre-Attaque, entre autres), Meyer Habib entretient des relations avec la “ mafia du carbone ”, responsable de l’une des plus grands vols du siècle : des escrocs franco-israéliens ont détourné la TVA sur la bourse du carbone et dérobé au moins 1,6 milliards d’euros à l’État français.
Le 20 octobre, il qualifiait la population de Gaza de “ cancer ”, propageant ainsi un discours génocidaire. Hors de lui, sur la chaîne I24, il avait aussi vociféré que " la haine d'Israël et du Juif est l'aphrodisiaque de toutes les masses arabes, un propos raciste, jamais sanctionné non plus ".
Habib est par ailleurs visé en 2022 par une enquête pour détournement de fonds publics.
Enfin, le Conseil Constitutionnel a annulé l’an dernier l’élection du député Meyer Habib de 2022, car son équipe s’était livrée à des « irrégularités et manœuvres de nature à altérer la sincérité du scrutin ». Elle avait notamment proposé illégalement aux électeurs de voter par Internet à leur place ou encore mis en place des bus auprès des synagogues lui étant acquises afin d’encourager les électeurs à aller voter pour lui. De nouvelles élections sont organisées, qu’il remporte haut la main (plus de 80% d’abstentions), et part fêter sa victoire en priant devant le mur des lamentations.
Depuis le 7 octobre, c’est un festival. Meyer Habib appelle à censurer toute expression pro-palestinienne, relaie les pires mensonges de l’État israélien, pleure et crie devant les caméras, fait des déclarations outrancières et racistes dans les médias. Le 15 novembre à l’Assemblée, il défend en toute impunité la colonisation illégale de la Cisjordanie par les colons d’extrême droite, transgressant toutes les règles du Droit International.
Lors de la séance du 19 décembre 2023, à l'Assemblée nationale, alors que le député LFI Éric Coquerel intervenait sur la situation à Gaza en déclarant :
« Qui peut douter maintenant des véritables objectifs de guerre du gouvernement Netanyahou qui, après le nord, bombarde le sud de la bande de Gaza, là où il avait précisément demandé aux Palestiniens de se réfugier ? », Meyer Habib lance : « Et ce n’est pas fini ! » Le lendemain, 39 députés demandent la levée de son immunité parlementaire pour « apologie de crimes de guerre ». La demande est rejetée par la présidente de l'Assemblée.
Pour Meyer Habib, les propos racistes, l’apologie de crimes de guerre, les altercations répétées au sein même de l’Assemblée sont autorisés. Brandir les couleurs de la Palestine, en revanche, est sévèrement puni.

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