Rémi Agustina
Gérald Darmanin ou Eric Ciotti proposent de réduire le déficit en vendant les parts que l’Etat détient dans certaines entreprises comme Airbus, Engie ou Renault. En vendant des parts qui rapportent, plus que des économies ce sont de gros cadeaux à leurs amis les patrons qu’ils s’apprêtent à faire.
Sous la pression des marchés financiers et de la Commission Européenne, le gouvernement de Michel Barnier a proposé un budget historiquement austéritaire. Le budget de Barnier ce sont des coupes sèches par dizaines de milliards dans les services publics et la sécurité sociale, mais aussi des hausses d’impôt qui toucheront certes un peu les riches, mais aussi toute la population. Sauf que pour les macronistes et l’extrême droite, même un peu d’impôt pour les riches, c’est déjà trop ! Leurs députés poussent donc le gouvernement à abandonner les hausses d’impôt et à accélérer le démantèlement des services publics et la privatisation de pans de l’économie qui appartiennent encore à l’Etat.
Gérald Darmanin (Ensemble pour la République) et Eric Ciotti (Union des droites pour la République) ont ainsi proposé de privatiser certaines entreprises dans lesquelles l’Etat possède des parts dans le but d’augmenter les recettes de l’Etat. Pour résorber un déficit creusé par les innombrables cadeaux faits au patronats par les gouvernements de Sarkozy, Hollande et Macron, Ciotti et Darmanin qui ont fait partie de ces gouverements proposent de faire… de nouveaux cadeaux aux patrons. Cette fois, il s’agit de leur céder des parts rentables de grands groupes.
Gérald Darmanin propose ainsi, dans une tribune signée avec d’autres élus de la macronie le 19 octobre, de vendre une partie des 180 milliards d’euros que l’Etat possède « dans des entreprises côtées », citant comme exemple Orange, Stellantis (ex-PSA) ou encore la Française des Jeux, dont le capital a déjà été cédé en grande partie au privé par Macron. De son côté, Eric Ciotti, qui défend déjà la privatisation de la SNCF, assure qu’il faut que l’Etat se retire d’Engie et de Renault.
Laurent Saint-Martin, le ministre du Budget, ne semble pas s’opposer à la proposition de Gérald Darmanin, jugeant seulement qu’il « faut toujours soupeser entre la cession de parts qui permet le remboursement de la dette (...) et le manque à gagner par les dividendes que cela crée si vous cédez vos parts ».
Car, les parts que les macronistes et l’extrême droite voudraient privatiser rapportent actuellement de l’argent à l’Etat ! Les 180 milliards d’action détenue par l’Etat ont rapporté en 2023 près de 14 milliards d’euros de bénéfice net en 2023 : un magot sur lequel des spéculateurs rêveraient de mettre la main.
Preuve une fois de plus que pour les apôtres de l’austérité, le déficit n’est qu’un prétexte pour attaquer les droits des travailleurs de toutes parts (baisse des remboursements, attaques contre l’assurance-chômage, hausse de la taxe sur l’électricité) et faire des cadeaux à leurs amis patrons. Une logique que poursuit également le RN dont la proposition de privatisation de l’audiovisuel public fait frétiller d’envie les magnats des médias.
Pour ses politiciens de tout bord au service des riches, l’Etat doit voler au secours des actionnaires et des patrons pour les abreuver d’argent public, à grand « coût » d’exonération de charges, de baisses d’impôt, d’emplois subventionnés, de cession de foncier, de rachats d’actions, payer tous les frais en ouvrant ses infrastructures à la concurrence comme dans le cas de la SNCF ou de la RATP. Ce qui coûte doit être pris en charge par l’argent public, ce qui rapporte doit immédiatement être rendu aux capitalistes.
Depuis les années 1980, la droite comme la gauche s’est acharnée à vendre pour un coût modique toutes les entreprises publiques au patronat. Quand la bourgeoisie n’a pas pu ou pas voulu privatiser intégralement, c’est l’Etat qui a préparé lui-même la concurrence contre ses propres entreprises publiques comme dans le secteur des transports ou de la distribution de courriers. Dans le même temps, les entreprises publiques, les hôpitaux, la SNCF et les telecom dont les effectifs ont été taillés à la hache, ont fait et font régulièrement la démonstration que la violence de leur management n’a rien à envier à celle du privé.
La vente des actifs de l’Etat souhaitée par Darmanin et Ciotti ne fait que préparer pour les prochaines années la même rengaine des recettes insuffisantes pour expliquer qu’il faut saccager encore davantage les services publics. Car ce sont encore et toujours les mêmes cadeaux au patronat qui justifient ensuite toutes les attaques pour détruire les services publics, dégrader les conditions de travail, détruire des emplois. Ne doutons pas d’ailleurs une seule seconde que les acheteurs des actions de l’Etat auront pour priorité de maximiser leur acquisition en augmentant encore l’exploitation des travailleurs de ces entreprises.
Les serviteurs des patrons et des riches au Parlement et au gouvernement rivalisent d’ingéniosité pour nous faire payer la crise : taxes, coupes budgétaires dans les services publics, dans l’éducation, dans la santé, suppressions de poste et licenciements dans le public comme dans le privé et désormais de nouveaux cadeaux aux actionnaires.
Ces plans austéritaires ne pourront être battus en brèche que par la lutte, par la grève de tous les travailleurs de ce pays !

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