mercredi 6 novembre 2024

CHU de Bordeaux : un morceau de plafond tombe sur une patiente qui vient d’accoucher

Petra Lou

Ce n’est pas le ciel qui nous tombe sur la tête, mais bien un énième morceau de plafond qui s’effondre au CHU. Il est tombé sur une patiente à la maternité. Un nouvel incident qui témoigne des conséquences de l’austérité dans la santé.

Dans l’aile nord de la maternité de l’hôpital Pellegrin de Bordeaux, un morceau de plafond s’est effondré sur le lit d’une patiente qui venait d’accoucher dans la nuit du 27 au 28 octobre. Par bonheur la jeune maman n’a pas été blessée. Mais à cause des conséquences de l’austérité, être hospitalisé fait désormais courir le risque de sortir en pire état de l’hôpital que lorsqu’on y est entré ! « La maman est indemne. Il n’y avait pas d’enfants dans la chambre non plus, donc on a évité le pire. C’est une dalle en carton qui, à force de prendre l’eau, s’est complètement désagrégée et quand on rentre dans la chambre, on voit le plafond troué, de l’eau partout, avec des draps pour éponger, des fils qui pendent et de l’eau, de l’eau, de l’eau, de l’eau » raconte Julien Dulou, délégué Sud Santé Sociaux de l’hôpital Pellegrin auprès de France Bleu Gironde.

Et le pire, c’est que ce n’est pas la première fois. Le 14 septembre dernier, c’est un morceau de plafond du service des urgences qui s’est effondré sur un patient dans un box de l’UHSD. Une situation que dénoncent les syndicats du CHU : « Les urgences adultes sont complètement à l’agonie, vieillissantes » raconte Julien Dulou. « Quand il pleut, il y a des fuites partout. Alors le CHU nous dit qu’on fait du bashing sur l’hôpital mais non, en fait, on veut juste que le personnel et surtout les patients soient en sécurité dans leur chambre. Ils ne viennent pas à l’hôpital pour prendre des plafonds en carton ou en ferraille sur la tête. ». « Tout le monde est inquiet, on a des soucis récents en salle de néo-natalité, de l’eau a coulé dans la réserve de matériel et les vestiaires ont aussi été inondés » dénonce Thomas Rouzerol, aide-soignant et délégué syndical CGT du personnel de l’hôpital Pellegrin auprès de France Bleu.

Marie-Laure Charchar, syndicaliste à la CGT Blanchisserie, et militante à Révolution Permanente, décrit également une situation alarmante : « Ça fait des années qu’ils suppriment les agents de services techniques et que les chantiers partent au secteur privé : le résultat c’est qu’il y a moins d’interventions pour des réparations, ce qui donne des infiltrations d’eau etc. » Une situation qui ne se cantonne malheureusement pas aux services comme l’explique la militante : « Il pleut dans les services, il pleut dans les vestiaires, à la blanchisserie on doit parfois venir travailler avec des bottes car les plaques des égouts ne sont pas nettoyées…c’est catastrophique ».

Alors que l’hôpital s’effondre sur les patients, le gouvernement Barnier veut faire passer des nouvelles coupes budgétaires et des mesures austéritaires, qui sont débattues au Parlement. Des offensives qui consistent à renforcer la destruction des services publics, tout en appelant au « réarmement démographique » de la nation ; ils nous poussent à faire naître des enfants pour préparer leurs guerres en même temps qu’ils détruisent nos hôpitaux, nos maternités et nos crèches !

Face à l’effondrement de l’hôpital et de notre système de santé, à Clichy, les personnels de l’hôpital de Beaujon nous montrent la voie. Leur grève face aux conditions de travail infernales est un exemple au moment où les attaques contre la santé publique se multiplient. Au travers d’assemblées générales hebdomadaires et de rassemblements qui réunissent personnels en grève et soutiens extérieurs, ils répondent de la meilleure des manière. Cet exemple doit se généraliser dans tous les services, et tous les établissements : il ne s’agit pas de problèmes locaux mais d’un problème structurel de l’ensemble du système de santé.

Alors que le gouvernement table sur une augmentation conséquente du budget alloué à la guerre et aux forces de répression, les travailleurs de la santé souffrent des coupes budgétaires des gouvernements successifs et vont devoir faire face à de nouvelles cures d’austérité. Face à cela, seule la construction d’un grand mouvement d’ensemble qui réunisse les travailleurs de la santé, du médico-social, mais aussi des usagers, pour exiger des moyens massifs...

... qui soient alloués à la santé plutôt qu’à l’armée, peut arracher des moyens pour un système de santé qui réponde réellement aux besoins de l’ensemble de la population.

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