dimanche 1 décembre 2024

Gilles Devers : la Palestine a perdu un de ses meilleurs et plus brillants défenseurs

Memo

L’avocat et docteur en droit français Gilles Devers est décédé mardi [26 novembre 2024]. Le «champion de la justice palestinienne» avait 68 ans.

M. Devers est considéré comme le «maestro» juridique à l’origine des mandats d’arrêt délivrés la semaine dernière par la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de son ancien ministre de la défense Yoav Gallant, accusés d’avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Il souffrait beaucoup à cause de la maladie, mais le jour où les mandats ont été délivrés, il a dit à son fils : «Maintenant, je peux mourir en paix». Malgré la douleur, il a tenu à parler aux médias de cette victoire juridique exceptionnelle et a fait ses dernières déclarations sur la question à Al Jazeera.

Pendant 30 ans, Gilles Devers a partagé son travail entre le secteur sanitaire et social et la défense des minorités en France et dans le monde. Mais la cause palestinienne est sa première priorité et il a été l’un des porte-parole d’un groupe de 350 ONG, représentées par 40 avocats, dans le cadre d’une plainte déposée auprès de la CPI pour crimes de guerre commis lors de l’offensive militaire israélienne de 2008-2009 contre les Palestiniens de Gaza.

Il a été chargé par l’Autorité palestinienne de déposer une plainte en son nom en janvier 2009.

L’avocat français a également déposé une plainte contre Israël en juillet 2014 concernant sa guerre contre Gaza la même année, ce qui a donné lieu à une importante campagne médiatique et a mis la pression sur l’Autorité palestinienne et la Cour internationale de justice (CIJ). La Palestine a ainsi adhéré au Statut de Rome et la CPI a accepté d’ouvrir un examen préliminaire des faits qui se sont déroulés le 13 juin 2014.

Abdelmajid Merari, expert français en droit international, l’a décrit comme un «avocat humanitaire et respectueux des principes» qui a consacré sa vie à la défense de questions humanitaires, notamment la cause palestinienne. M. Merari a déclaré à Al Jazeera qu’il avait beaucoup appris de lui. « Il a été mon mentor dans plusieurs affaires pendant plus de 15 ans de travail commun, et il accueillait les divergences d’opinion à bras ouverts. Avec sa mort, nous avons perdu une figure inestimable du droit et des droits de l’humain ».

Malgré les obstacles rencontrés par l’équipe juridique, et le rejet des demandes qu’il a présentées dans le dossier de la CPI, Devers s’est distingué par son insistance à ne pas baisser les bras. «La chevalerie du peuple palestinien est plus importante que celle des avocats», a-t-il déclaré.

Dans ce contexte, M. Merari, l’un des avocats les plus proches de M. Devers, a souligné que ce dernier a défendu la cause palestinienne avant l’émission des mandats d’arrêt. En effet, [il l’a fait] depuis que la Palestine est devenue membre du Statut de Rome, et lorsque la décision du 5 février 2021 a été rendue, confirmant la compétence de la CPI sur les territoires palestiniens occupés par Israël en 1967, y compris Jérusalem-Est, la Cisjordanie et la bande de Gaza, il a revu et aidé les experts de la CPI à en rédiger le libellé.

Les événements du 7 octobre 2023 ont suscité une action encore plus intense de Devers dans le dossier des Palestiniens. Selon Merari, il était la «dynamo» de l’équipe juridique. «Il posait des questions lorsque nous nous relâchions et rédigeait des centaines de pages de mémos lorsque nous étions paresseux. Dans cette affaire, il a fait pression sur les membres de l’équipe pour qu’ils recueillent des preuves, et il s’est efforcé de coordonner leurs rôles malgré tous les problèmes de santé dont il souffrait à l’époque».

Il a ajouté que «Gilles Devers a pleuré à la porte de la CPI lorsqu’une avocate palestinienne s’est excusée de ne pas être présente, parce que tous les membres de sa famille avaient été tués la veille du 9 novembre, lorsque nous sommes allés déposer l’action en justice qui a été le principal moteur de l’émission des mandats d’arrêt».

M. Merari a déclaré à Al Jazeera qu’alors que M. Devers s’apprêtait à subir une intervention chirurgicale «extrêmement dangereuse» une question de vie ou de mort» la dernière chose dont il parlait était le quartier de Sheikh Jarrah, dans la partie occupée de Jérusalem-Est.

En outre, il prévoyait de soulever devant la CPI la question des prisonniers palestiniens détenus par l’État d’occupation. Son ami proche et collègue Merari a conclu en disant que les mandats d’arrêt émis contre Netanyahu et Gallant étaient «le cadeau» que Devers recherchait depuis plus de 15 ans.

« Il a quitté ce monde la conscience tranquille, et nous continuerons notre combat juridique dans l’esprit de Gilles Devers et pour exécuter son testament, car le travail réel et le plus difficile a commencé après l’émission des mandats. »

Middle East Monitor - L'utilisation ou la mauvaise utilisation de l'information est au cœur du conflit au Moyen-Orient. Les partisans de la cause palestinienne, en particulier, ont de plus en plus besoin de maîtriser l'art de la collecte, de l'analyse et de la diffusion de l'information. Cela nécessite des opérations bien organisées et bien ciblées. De telles initiatives sont pratiquement inexistantes en Occident aujourd'hui. Le Middle East Monitor (MEMO) a été créé pour combler cette lacune. 

Source  Middle east Monitor

Traduction : Chronique de Palestine : Éléa Asselineau

Chronique de Palestine

Gaza/Lidice

fedetlib 

Citation de B.Morizot

Il n'y a pas deux espaces, profane et sacré ; il n'y a qu'un monde et qu'un style de pratique soutenable à son égard ; vivre du territoire avec égards. 

samedi 30 novembre 2024

Offensive contre l’AME : Barnier aux ordres de l’extrême-droite pour éviter la censure

Antoine Chantin

Après avoir trouvé un accord avec les macronistes sur le PLFSS, Barnier tente de convaincre l’extrême-droite pour éviter la censure. Après avoir renoncé à l’augmentation de la taxe sur l’électricité, Barnier a lancé une nouvelle attaque contre le budget de l’Aide Médicale d’État pour satisfaire le RN.

Alors que l’ombre de la censure plane depuis une semaine sur le gouvernement, Barnier est prêt à tout pour éviter d’être renversé. Mercredi soir, au terme de sept heures de discussions en commission mixte paritaire, hier soir, le premier ministre est parvenu à ressouder le socle commun en cédant aux exigences pro-patronales des macronistes. A l’issue d’une CMP durcissant encore un peu plus le budget de la sécurité sociale, c’est désormais à l’extrême-droite que le gouvernement tente de s’adresser.

Un budget de la sécurité sociale anti-ouvrier

Sans surprise, le budget de la sécu sorti des négociations en Commission mixte paritaire est une liste d’attaque contre les travailleurs et l’accès à la santé. Parmi les mesures phares, 600 millions de coupes supplémentaires dans le budget de l’Assurance maladie et diverses taxes qui frapperont des produits de consommation de base.

Pour faire passer ce budget, Barnier y a intégré plusieurs exigences macronistes. Ainsi, les 4 milliards de coupe dans les exonérations de cotisations à destination des entreprises prévues seront finalement limitées à 1,6 milliard. Pour financer cette diminution, la CMP s’est résolue à diminuer la revalorisation des pensions : annoncée à 1,8%, les pensions n’augmenteront que de 1,6%, bien en deçà de l’inflation prévue par le gouvernement, entre 1,8% et 2% en 2025.

Ces attaques ne se limitent toutefois pas aux retraités puisque la CMP s’est également accordée sur une « taxe lapin », visant à infliger une amende à quiconque manquerait un rendez-vous médical. Sans empreinte bancaire déclarée auprès des services de santé, il deviendra donc presque impossible d’obtenir un rendez-vous médical. Cédant au chantage du patronat, visé par des hausses d’impôts minimes et qui menace de déclencher une crise sociale en représailles, Barnier finance donc les gages qu’il donne au macronisme en procédant à de nouvelles attaques austéritaires et en pénalisant les plus précaires.

Rallier l’extrême-droite pour éviter la censure

Après avoir passé l’épreuve de la première CMP ce mercredi, Barnier s’attèle désormais à convaincre l’extrême-droite pour qu’elle ne vote pas une éventuelle motion de censure dès lundi, à l’occasion du 49-3 sur le PLFSS. Le parti, qui n’a obtenu aucun gain significatif lors de l’examen du budget et ressort fragilisé par le procès qui vise ses cadres et ses dirigeants, cherche ces derniers jours à se repositionner en force d’opposition en arrachant des concessions à Barnier et en faisant planer la menace de renverser le gouvernement.

Dans un communiqué ce jeudi, le RN a réitéré sa liste d’exigences auprès de Barnier, expliquant : « le Groupe Rassemblement national invite le Premier ministre à annoncer très rapidement, qu’il renonce à l’augmentation des taxes sur l’électricité, qu’il baisse drastiquement l’AME, qu’il va négocier avec Bruxelles une baisse de la contribution de la France au budget de l’Union Européenne ainsi que toutes ou parties des économies structurelles proposées par le RN. »

Une liste de Noël que le Premier ministre semble prêt à respecter à la lettre. Après avoir annoncé jeudi vouloir limiter l’augmentation des taxes sur l’électricité, dont le prix va cependant augmenter malgré tout, Barnier a promis au RN qu’il réduirait le budget de l’AME. « Après des années de hausse, l’aide médicale d’Etat, dont le coût s’élève à 1,2 milliards d’euros, fait d’ores et déjà l’objet d’une stabilisation. Nous n’allons pas la supprimer, mais le “panier de soins” pris en charge va être sensiblement diminué ».

Au-delà du PLF 2025, Barnier promet également à l’extrême-droite qu’il initierait une réforme du dispositif dès l’année prochaine : « Nous allons engager une réforme de l’AME pour éviter les abus et les détournements ». Comme le recommandait ces derniers jours Gérald Darmanin, Michel Barnier entérine une nouvelle attaque, et se montre prêt aux concessions racistes les plus ignobles contre les travailleurs étrangers pour s’assurer que l’extrême-droite ne vote pas la censure.

Des gages qui pourraient ne pas suffire pour éviter la censure

Jeudi soir, Bardella s’est félicité de ces premières victoires, tout en soulignant que « d’autres lignes rouges demeurent », et en évoquant de nouvelles conditions : « un sérieux tour de vis migratoire et pénal doit être engagé », « un moratoire sur toute nouvelle création ou hausse d’impôt et de taxe », « des mesures en faveur de la compétitivité », etc. Même son de cloche du côté de Marine Le Pen qui évoque « quatre lignes rouges » tout en exigeant que soient précisées les mesures du gouvernement pour compenser ses reculs : « on nous annonce des annulations de hausse sans nous donner le financement. »

Des sorties qui témoignent d’une volonté de maintenir la pression sur le gouvernement et de profiter à fond du rapport de forces. D’après l’éditorialiste Cécile Cornudet, des négociations directes sont d’ailleurs en cours sur l’ensemble des sujets du RN : « un rendez-vous est prévu entre le député Jean-Philippe Tanguy et le ministère du Budget. Le Sénat pourrait opportunément se rapprocher des positions RN sur les rachats d’actions et les super-dividendes. Un correctif sur les pensions de retraite est à l’étude pour la fin 2025. »

Le gouvernement semble ainsi prêt à tout pour poser les bases d’un accord « RN-Barnier ». Pour autant, bien que la censure reste un pari périlleux pour l’extrême-droite, reculer après avoir autant affirmé son opposition pourrait être coûteux. En ce sens, la séquence actuelle aiguise particulièrement les contradictions du RN, écartelé entre nécessité de jouer un rôle d’opposition et volonté de donner des gages de stabilité aux classes dominantes. Une chose est sûre, que le RN censure ou pas, c’est une politique austéritaire et anti-ouvrière qui se poursuivra à la tête de l’État. 

Dans ce cadre, il y a urgence à avancer dans la construction d’une riposte par en bas, qui affronte la crise sociale mais aussi la crise du régime, en apportant une réponse ouvrière à l’ensemble des problèmes de la situation, par les méthodes de la lutte de classes.

Révolution Permanente

Netanyahou a saboté deux accords sur les otages, acceptés par le Hamas

Europalestine

Einav Tsangauker, la mère d’un des prisonniers israéliens à Gaza, attaque Ben-Gvir au parlement israélien : « Les otages sont torturés et vous permettez que cela continue. »

Réponse de Ben-Gvir : « Au final, dans le cadre d’un accord pour les ramener, nous libérerons un millier de Sinwars. Désolé, je ne suis pas prêt pour ça. »

 La vérité est dite toute crue. Israël n’a jamais voulu conclure un accord sur les prisonniers israéliens. Les médias israéliens révèlent même que Netanyahou a saboté deux accords qui avaient été accepté par le Hamas.

De nouveaux détails révélés par les médias israéliens et mis en évidence par le groupe de campagne populaire palestinien Everyday Palestine ont confirmé ce qui était déjà clair : le Premier ministre israélien et criminel de guerre recherché Benjamin Netanyahu a saboté au moins deux accords de paix qui avaient été acceptés par le Hamas et qui auraient conduit à la libération de captifs israéliens détenus à Gaza après l’attaque du 7 octobre de l’année dernière.

Le média israélien Channel 12 a rapporté la décision unilatérale de Netanyahou de « réduire le mandat » de l’équipe israélienne négociant un accord, et de faire échouer un accord à une autre occasion.

La description du journal israélien Haaretz est plus directe : Netanyahou a réagi à l’acceptation des accords par le Hamas en « recourant au sabotage » pour les faire échouer . « Netanyahou espérait que Hamas rejetterait l’offre de cessez-le-feu. Quand cela ne s’est pas produit, il a choisi vers le sabotage  » écrit Haaretz.

Selon le Times of Israel, le Hamas avait proposé deux ou trois jours seulement après le raid de libérer tous les captifs civils tant que l’armée israélienne restait hors de Gaza, mais Netanyahou et son cabinet ont refusé l’offre, déterminés à poursuivre leur « légitime défense » génocidaire .

Le président américain Joe Biden et ses responsables avaient prétendu essayer de négocier un accord pour la libération des captifs, mais en fin de compte, le porte-parole Matthew Miller a lâché le morceau : les États-Unis « n’ont jamais voulu voir une résolution diplomatique avec Hamas. » Biden a décrit une proposition de paix comme « l’accord d’Israël », mais lorsque le Hamas et d’autres groupes l’ont acceptée, Netanyahou a immédiatement rejeté « son » accord.

Le sabotage flagrant de Netanyahou de toute perspective de paix et de libération des captifs israéliens était si évident que Biden a été attaqué par un sénateur de son propre parti pour ne pas avoir dénoncé le sabotage de Netanyahou.

On a les amis qu’on mérite, n’est-ce pas Monsieur Macron ?

CAPJPO-Europalestine

Panthéonisation

 

fedetlib

Citation de Léon Blum

L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller jusqu'au bout de sa pensée.