Le problème de Washington avec l’Iran n’a jamais été le programme
d’énergie nucléaire iranien. La notion, avancée par les
néo-conservateurs, que l’Iran n’avait un programme nucléaire énergétique
(à 5% d’enrichissement de l’uranium) que pour cacher un programme
nucléaire militaire (à 95% d’enrichissement de l’uranium), a toujours
été une couverture pour Washington afin de masquer son véritable agenda
et son opposition à l’Iran.
Du point de vue de la doctrine hégémonique américaine, le problème de
l’Iran est son indépendance. Comme l’Irak, la Syrie, la Libye, le
Venezuela, l’Équateur, la Bolivie, le Brésil, l’Argentine, Cuba, la
Corée du Nord, la Russie et la Chine, l’Iran n’est pas un vassal de
Washington.
Washington est simplement incapable d’admettre la vérité et de dire
que l’Iran est sur sa liste de pays ciblés, parce que l’Iran n’a pas
voulu se plier à sa volonté. Ainsi, Washington a décidé de créer une
peur, une diabolisation de l’Iran chez les Américains et les Européens.
Pour ce faire, l’Iran fut accusé de développer des armes nucléaires que
l’Iran donnerait ensuite aux terroristes pour les utiliser contre
Israël, l’Europe et les Etats-Unis. Quand Washington a positionné des
missiles anti-balistiques à la frontière avec la Russie, il a menti en
disant que le but était l’interception des missiles inter-continentaux
nucléaires iraniens (non-existants).
La propagande de Washington au sujet de la menace des armes
nucléaires iraniennes est maintenant vieille de plusieurs années et ce,
malgré un rapport du renseignement national publié conjointement par 16
agences de renseignement des Etats-Unis, disant que l’Iran avait
abandonné son intérêt pour l’armement nucléaire il y a plus de dix ans.
La propagande de Washington a aussi été aidée par les médias occidentaux
et ce malgré le fait que les inspecteurs de l’AIEA aient régulièrement
rapporté qu’il n’y avait aucune preuve d’une quelconque déviation du
programme nucléaire civil iranien vers le militaire. En d’autres termes,
les inspecteurs de l’AIEA peuvent savoir et comptabiliser tout
l’uranium enrichi dans ce programme nucléaire énergétique parfaitement
légal.
Mais quoi qu’il en soit, Washington affirme que l’Iran fabrique ou est sur le point de pouvoir fabriquer des armes nucléaires.
La fabrication d’armes nucléaires a toujours été un prétexte de
couverture des intentions réelles de Washington, qui est en fait de
parvenir à un changement de régime à Téhéran afin de faire retourner
l’Iran à son statut précédent de vassal des nations occidentales. Les
impérialistes occidentaux n’oublient jamais ceux qui s’échappent du
système ou ceux qui jettent leurs béquilles de tutelle.
Washington a orchestré la “menace nucléaire” iranienne afin de
préparer les opinions publiques américaines et européennes à une attaque
militaire sur l’Iran.
En masquant ses vraies intentions dans des problèmes fabriqués de
toutes pièces, Washington a ouvert la porte à la Russie pour qu’elle
résolve la crise par la voie diplomatique. Coincé dans sa propre
fabrication, Washington est confronté à la Russie résolvant l’affaire au
moyen d’accords qui pourront être mis en application en garantissant
qu’aucun enrichissement d’uranium dans la catégorie d’armement
nucléaire.
Frustrés, les néo-conservateurs enragés agissant par des politiciens
de bas-étage de Washington, ont essayé de bloquer l’accord. Le parti
républicain, maintenant totalement contrôlé par Israël, a même demandé
au chef dément d’Israël de s’adresser au congrès des Etats-Unis afin de
bloquer l’accord d’Obama sur le nucléaire iranien.
Bloquer l’accord à ce stade est un aveu évident que l’affaire du
nucléaire iranien n’était rien d’autre qu’une couverture à l’objection
de Washington sur l’indépendance iranienne.
Qu’Obama soit sincère, coincé par la diplomatie russe, ou se reposant
sur un attentat/évènement faux-drapeau pour discréditer l’Iran et ainsi
souffler l’accord, je n’en sais rien. Israël bien sûr, veut que
Washington enlève tous les obstacles à son expansion impérialiste au
Moyen-Orient. Ayant volé la Palestine, Israël veut le sud-Liban comme
prochaine annexion.
Ce que je sais est que l’accord sur le nucléaire iranien n’est en
rien le fond de l’affaire, que cela soit couronné de succès ou échoue
n’aura aucun impact, parce que l’objection de Washington à l’Iran est
son indépendance vis à vis de l’empire. L’Iran est un obstacle pour
Washington. La fumisterie de la menace nucléaire que Washington a créé
de toute pièce ne fut qu’un moyen de propagande pour amener les peuples
américains et européens insouciants à accepter une attaque sur l’Iran.
L’Iran demeure en danger que l’accord sur son nucléaire soit un succès ou un échec.
Je suis toujours stupéfait de constater que les gouvernements qui
sont directement menacés par Washington tardent à voir quelle est le
véritable motif derrière le rideau et acceptent toujours la définition,
l’énoncé du problème fait par Washington. L’affaire inventée du
nucléaire iranien ne sert qu’à masquer l’intention de Washington de
renverser l’indépendance de l’Iran ; et pourtant le gouvernement iranien
et les médias suivent Washington et sa pressetituée en acceptant la
fabrication comme étant le véritable problème.
Si l’Iran survit, ce sera un véritable miracle.
Source : Paul Craig Roberts
Résistance 71

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