Le Partageux
À Champigny-sur-Marne, policiers, racisme et pauvrophobie pour fuir
toutes les questions gênantes. Un témoignage qui infirme la version
officielle.
Cri quasi-unanime de la presse et des politicards : des hordes
barbares ont lâchement agressé deux policiers dont une femme à
Champigny-sur-Marne. Myriade de commentaires sur les sauvageons. Des
saloperies de bicots, de négros et autres jeunes banlieusards pauvres
qu’il convient de pendre haut et court pour certains. Qu’il convient de
renvoyer en Musulmanie pour d’autres. Un grand festival de racisme et de pauvrophobie.
Beaucoup de cris, beaucoup de postures, beaucoup de jugements définitifs, mais bien peu d’informations dans tout ça.
Le témoignage d’Ali
Et puis on tombe sur un article du Parisien.
La journaliste Anne-Laure Abraham a fait son travail en interrogeant un
témoin direct. Ali était là. C’est lui qui a exfiltré la policière.
Tu vas lire cet article du Parisien et surtout tu regarderas avec
attention ces quatre minutes de vidéo où la journaliste l’interroge.
Cette brave dame fait son boulot. Honnêtement. Elle pose des questions
en demandant tout simplement ce qui s’est passé sans porter d’avance un
jugement. Elle utilise le mot pourquoi ? à plusieurs reprises au lieu d’accuser.
D’autres sources sur le terrain confirme tout ce qui est dit dans
cette vidéo. Ce que ne sait pas Ali vient de la mairie par la voix de Christian Fautré, premier adjoint au maire de Champigny-sur-Marne. L’organisateur utilise une salle alors qu’il n’a pas le droit d’y organiser des concerts ou des évènements publics.
Il faut y ajouter que cette salle peut recevoir au plus 200 personnes
[chiffre sujet à caution puisque la salle n’a pas été examinée par une
commission de sécurité] alors qu’il a annoncé sur Facebook une capacité
de 800 personnes dans la publicité pour cette soirée festive !
L’organisateur est décidément un vrai con. Il a laissé en place cette
publicité et on pouvait encore la voir bien après les évènements ! Et tu
l’as en tête de bafouille.
Ali, lui qui a protégé la policière, raconte très bien le désordre
généré par les vigiles comme par les forces de l’ordre. Comment on
pousse à la révolte des jeunes qui étaient venus passer un bon moment
avec les copains et les sœurs, avec les copines et les frangins. Avec
ses mots tout simples il raconte comment on allume – seulement chez
quelques uns – une colère aveugle qu’il est le premier à réprouver même
s’il la comprend et s’il l’explique très bien :
«On ne parlait que de jeunes
sauvages. Personne ne savait qu’il y avait aussi des jeunes qui l’ont
aidée. Moi, je suis arabe et la fille qui l’a soutenue était noire.
C’est important de le dire.»
Ce que pourrait devenir Le Média
Le Média pourrait ainsi
devenir ainsi cette télévision de grande audience qui remet les pendules
à l’heure, comme le fait Anne-Laure Abraham dans le Parisien, quand ce
qui est diffusé par la presse dominante relève davantage du lynchage
virtuel que de l’information.
Et Le Média pourra aussi
inviter un maçon qui expliquera qu’il n’est pas normal qu’un mur de
clôture en parpaings de quinze ou vingt tombe sous la simple poussée de
gens même s’ils sont nombreux, énervés ou paniqués…
Et Le Média pourra aussi
inviter un architecte qui expliquera qu’il n’est pas normal qu’une salle
accueillant du public soit fermée par un mur/cloison en carreaux de
plâtre qui peut tomber sous la poussée d’une seule personne…
Et Le Média pourra aussi
inviter un pompier qui expliquera comment fonctionne une commission de
sécurité chargée des ERP, établissements recevant du public, commission
placée sous l’autorité de la seule préfecture et non d’une quelconque
collectivité territoriale.
Et Le Média pourra aussi
inviter un technicien du ministère de la Culture qui expliquera sur
quels critères précis il attribue la licence d’entrepreneur de
spectacles légalement obligatoire pour organiser un évènement comme
celui de Champigny-sur-Marne. Personne ne semble avoir relevé cette
absence de licence. Un peu comme si tu prenais le volant d’un bus avec
cinquante-cinq gosses en disant : « Hé, je sais faire du vélo avec mon
petit frère sur le porte-bagage ! »
Source à lire et regarder avec attention : Le Parisien.

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