Sadek Basnacki
Selon Mediapart, un témoin entendu mardi par la Brigade criminelle
aurait affirmé que des membres de l’Élysée auraient joué un rôle dans la
fameuse disparition des deux coffres-forts de Benalla.
C’est Mediapart qui a révélé l’information mercredi. Chokri
Wakrim, sous-officier de l’armée de l’air et compagnon de l’ex-cheffe
de la sécurité du Premier ministre, a expliqué à la Brigade criminelle
que deux membres de l’Élysée étaient présents avec l’un des coffres de
Benalla dans l’appartement de Pascale Perez, une femme d’affaire ayant
apporté son aide à Benalla.
D’après Chokri Wakrim, il s’agirait de Christian Guédon, membre du
Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), et de
Ludovic Chaker, ex-secrétaire général d’En Marche et conseiller du chef
d’état-major particulier du président. Il semble improbable que ces deux
hommes puissent agir sans avoir reçu un ordre direct.
Le coffre aurait été vidé juste avant la perquisition rocambolesque
de l’été 2018. Le contenu aurait été transporté dans un sac de sport que
Chokri Wakrim aurait vu au domicile de Pascale Perez.
Depuis, il y a une enquête afin de déterminer s’il y a eu
dissimulation de preuves par Benalla. D’après le témoignage de Chokri
Wakrim, cela se serait donc fait avec la complicité des deux hommes de
l’Élysée et, de fait, avec celle du plus haut sommet de l’État.
Ludovic Chaker a d’ores et déjà reconnu avoir participé à
l’exfiltration de la famille Benalla mais conteste le fait d’avoir vidé
le coffre. Même son de cloche pour Christian Guédon malgré le fait que
Chokri Wakrim ait affirmé avoir été témoin d’une conversation où Benalla
aurait demandé à Guédon de vider son deuxième coffre-fort, celui-ci à
l’Élysée.
La déposition de Chokri Wakrim vient confirmer ses propres propos tenus en juin dernier lors d’un reportage d’Envoyé Spécial.
Alexandre Benalla dément être responsable de la disparition de ses coffres-forts. Chokri Wakrim, accusé par Libération début 2019 d’avoir lui-même déplacé le coffre, dément également son implication.
Cette déposition ne rajoute rien à ce qu’on supposait déjà. Elle
vient renforcer les soupçons sur l’implication de l’Élysée pour protéger
Benalla et faire en sorte que ce qui se trouvait dans ces fameux
coffres-forts ne tombe pas entre les mains de la justice.
Cette
déposition intervient au mauvais moment pour Macron. Car si elle ne
rajoute rien, elle pourrait tout de même relancer plus activement
l’enquête autour de Benalla alors que Macron doit déjà faire face à l’un
des plus longs mouvements sociaux du pays avec la lutte contre la
réforme des retraites.

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