Révolution Permanente
Depuis le 23 janvier, trois centres d’incinération d’Ile de France sont à
l’arrêt.
L’ampleur de la mobilisation a entrainé l’arrêt de la collecte
des ordures ménagères dans la quasi-totalité des communes de la région
parisienne et la direction a demandé l’aide du gouvernement, notamment à
travers la réquisition des grévistes.
Depuis le 23 janvier, les centres d’incinération de déchets
d’Ivry-sur-Seine (94), d’Issy-les-Moulineaux (92) et de Saint-Ouen (93)
sont à l’arrêt. Mobilisés contre la réforme des retraites, les salariés
de ces différents centres ont reconduit le mouvement de grève jusqu’au
lundi 3 février minimum, selon la CGT énergie.
À eux trois, ces centres brûlent 6000 tonnes de déchets ménagers par
jour et concernent 85 communes d’Ile-de-France, dont Paris. Ces arrêts
prolongés mettent à mal le Syndicat Intercommunal de Traitement des
Ordures Ménagères de l’agglomération parisienne (Sytcom), l’organisme en
charge du traitement des déchets, puisqu’il renvoie ces déchets vers
d’autres sites ou les enfouit sur des terrains, en faisant appel à une
entreprise privée. Cette solution est loin d’être arrangeante pour le
Sytcom, car elle lui coûte 400.000 euros par jour et ne permet pas de
transformer les déchets en énergie. Et elle ne permet pas de gérer le
même flux de déchets. Ce vendredi, la direction a même dû interrompre le
ramassage des ordures ménagères dans la quasi-totalité des communes de
la métropole du Grand Paris.
L’ampleur de la mobilisation a même poussé Jacques Gauthier,
directeur de ces trois usines, à envoyer une lettre à Edouard Philippe,
en appelant directement le gouvernement à l’aide. Dans cette lettre, il
explique que les autres dépôts commencent à saturer, et que « ne pouvant
plus vider le chargement des camions bennes, nous ne pourrons donc
bientôt plus ramasser les déchets dans les 85 communes de notre
territoire, dont Paris et la petite couronne parisienne ». Une demande
entendue puisque, selon des sources syndicales, ce sont une quarantaine
de grévistes qui sont en passe d’être réquisitionnés.
Ces blocages permettent donc d’une part de ralentir la production,
mais également de visibiliser la grève pour les franciliens, car quand
les poubelles ne sont plus ramassées, il faut peu de temps pour s’en
apercevoir. Pour le gouvernement qui s’efforce de limiter les effets et
la visibilité de la grève, c’est d’autant plus inquiétant.
La réquisition des grévistes est un véritable scandale, c’est une
atteinte au droit de grève qui doit amener à une réaction forte de
l’ensemble du mouvement ouvrier. Le gouvernement est décidé à frapper
fort pour imposer sa loi impopulaire et ces atteintes au droit de grève
ne sont qu’un début. Au Sénat, une loi permettant la réquisition des grévistes du transport public est déjà en discussion.
Cette mobilisation inédite montre que la bataille contre la réforme
des retraites est loin d’être terminée, avec un secteur stratégique
comme l’énergie qui impacte fortement l’économie quand il rentre dans la
lutte. Ces derniers temps, les grévistes ont multipliés des actions
coup de poings, cherchant à impacter des lieux-clés. De nombreuses
coupures de courant ont eu lieux partout en France : dans plusieurs
communes de la banlieue Sud Parisienne, une coupure de courant a permis
de plonger dans le noir le marché de Rungis [https://www.revolutionpermanente.fr/Orly-Rungis-la-CGT-Energie-frappe-un-grand-coup], tandis qu’à Bordeaux, les grévistes coupaient le courant dans trois lycées mobilisés contre les E3C [https://www.revolutionpermanente.fr/Bordeaux-La-CGT-Energie-coupe-l-electricite-dans-trois-lycees-mobilises-contre-les-E3C],
incarnant une volonté de convergence entre les différents secteurs en
lutte.
Alors que le gouvernement est plus affaibli que jamais, le second
round de la bataille contre la réforme des retraites pourrait bien être
devant nous. Mais pour que cela soit possible, il faut soutenir de
toute notre force les grévistes engagés dans la bataille, contre les
coups de force et la répression du gouvernement.

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