Nicko Miller
Après près deux mois de gestion policière du confinement et d’images de
violences policières en masse sur les réseaux sociaux...
... une proposition
de loi liberticide a été déposée hier par le député Les Républicains.
Elle vise à interdire la diffusion des images de policiers, militaires
et douaniers dans l’exercice de leur fonction.
Ce mercredi, un projet de loi a été déposé par le député de l’aile droite du groupe Les Républicains, Eric Ciotti. Il a pour but l’interdiction de « la
diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support,
de l’image des fonctionnaires de la police nationale, de militaires, de
policiers municipaux ou d’agents des douanes » et vise explicitement
« à rendre non identifiables les forces de l’ordre lors de la diffusion
d’images dans l’espace médiatique ».
Si le projet est adopté, la diffusion de telles images pourrait en
effet être punie de 10 000 à 15 000 euros d’amendes, accompagnées de 6 à
12 mois d’emprisonnement. Un projet qui entend répondre aux demandes
des syndicats de police, tels que Alliance, qui, sous prétexte d’obtenir
plus de sécurité dans l’exercice de leur fonction cherche à accroître
leur impunité à l’heure où les vidéos de violences policières
connaissent une diffusion massive sur les réseaux sociaux.
Cette proposition de loi s’inscrit dans un contexte de médiatisation
croissante des violences policières. Depuis le début du confinement bon
nombre de vidéos de violences policières ont connu des diffusions
massives. Cette semaine, Camélia Jordana a d’ailleurs sucité un tollé
médiatique pour avoir dénoncé le racisme dans les rangs des policiers ainsi que les violences d’État tout en déclenchant une vague de témoignages et de soutiens.
C’est cette libération de la parole et multiplication des témoignages et vidéos qu’entend contrer Eric Ciotti. « La
création d’application comme Urgence violences policières a pour effet
de stigmatiser les forces de l’ordre, mais aussi de faire circuler,
notamment sur les réseaux sociaux, des informations souvent erronées sur
celles ci » a ainsi expliqué le député à propos d’une application
visant à permettre d’enregistrer des vidéos de violences, enregistrées
directement sur des serveurs, afin d’éviter que la police n’oblige à les
effacer.
Dans la continuité liberticide de la loi Avia,
dans laquelle un amendement portant sur le même sujet avait été
proposé, la droite entend ainsi de briser l’important élan de
dénonciation des violences policières. En même temps, elle assume une
grave atteinte à la liberté d’expression et d’informer.
Une mesure dont
il faudra suivre le passage au Parlement, tant elle pourrait rencontrer
la faveur du gouvernement et de ses députés.

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